Premier cardinal, Mgr Jean Zerbo
Premier cardinal, Mgr Jean Zerbo
Agence de presse catholique (CNA) || 27 juin 2017
Parmi les évêques qui seront créés cardinaux à la consistoire de juin se trouve l'archevêque Jean Zerbo de Bamako, un homme qui a déjà été appelé le "cardinal de la paix".
En annonçant le 28 juin au Regina Coeli, le 21 mai, le pape François a exprimé le désir de choisir des hommes qui représentent la « catholicité » de l'Église. Sa sélection de l'archevêque Zerbo est particulièrement remarquable à cet égard, car il sera le premier cardinal à venir du Mali.
Né le 27 décembre 1943 à Ségou, Mgr Zerbo a été ordonné prêtre du diocèse de Ségou le 10 juillet 1971. Il a obtenu sa licence en Ecriture Sainte à l'Institut biblique pontifical de Rome, y étudiant de 1977 à 1981. De retour au Mali au début des années 1980, il enseigna au grand séminaire de Bamako, capitale du Mali, et servit comme pasteur à Markala.
En juin 1988, saint Jean-Paul II le nomme évêque auxiliaire de Bamako. En 1994, il est nommé évêque de Mopti et en 1998 archevêque de Bamako.
L'archevêque Zerbo représente le pape François.Il appelle fréquemment à se concentrer sur les domaines où l'Église est persécutée : le Mali est une nation majoritaire-musulmane qui voit souvent une application sévère de la charia ainsi que la violence extrémiste contre les chrétiens.
S'adressant à Cuore Amico en janvier dernier, Mgr Zerbo a décrit la situation des chrétiens dans le pays comme « un test comparable à celui des premiers disciples ».
Le Mali a récemment été ravagé par une guerre civile, qui a explosé en 2012 avec diverses forces rebelles s'emparant du contrôle de certaines parties du pays, puis un coup d'État. Bien qu'il ait officiellement cessé en 2015, les combats se sont poursuivis dans tout le pays.
La guerre est largement conduite par plusieurs factions de militants islamistes qui cherchent à imposer la charia, ainsi que par des séparatistes ethniques. Ces groupes militants occupent une grande partie du nord du pays.
Au cours de son ministère, Mgr Zerbo a participé activement aux pourparlers de paix au Mali. Sa nomination au Collège des Cardinaux envoie donc un message puissant en faveur de la paix dans le pays, et un chapeau rouge donnera plus de poids aux nouvelles contributions cardinales aux pourparlers.
Il a également appelé à une aide humanitaire pour ceux qui souffrent de la faim, de la soif et des maladies dues à la guerre dans le pays. En 2013, il a déclaré à Fides que « une nouvelle période de souffrance commence pour le peuple malien. Nous serions heureux d'apporter notre soutien afin d'aider le nombre croissant de personnes déplacées et de réfugiés.
Il a souligné la nécessité de la conversion, tant de la part des chrétiens que des musulmans, en disant que « la paix ne peut être réalisée que par la conversion des cœurs indépendamment de la foi. Nous chrétiens sommes toujours appelés à un effort de réconciliation. »
L'Eglise du Mali a récemment été accusée de détournement de fonds liés à l'enquête sur les fuites suisses. La conférence des évêques maliens a déclaré dans une déclaration du 31 mai qu'elle « conteste les allégations selon lesquelles certains évêques auraient détourné des fonds des fidèles catholiques » et qu'elle « fonctionne en pleine transparence ».
La conférence des évêques a également demandé si "les auteurs de l'article tendancieux visent à un autre objectif inavoué, plutôt que d'apporter des informations constructives à l'opinion publique? Est-ce que cet acte fait au moment où cette Eglise vient d'être honorée par la nomination de son premier objectif cardinal de salir son image et de la déstabiliser ? Dieu qui voit tout et qui sait tous rendra un jour la vérité."
Source: Agence de presse catholique...


