Semaine missionnaire mondiale 2025
SEMAINE MISSIONNAIRE MONDIALE 2025
Par le Rév. P. Zéphirin Moubé
- La Semaine missionnaire mondiale en bref
Tout le mois d’octobre est consacré à la mission qui a son point culminant dans la Semaine missionnaire mondiale qui se clôture le Dimanche des missions. Cette année, cette semaine a lieu du dimanche 12 octobre au dimanche 19 octobre 2025.
Le pape Léon XIV a placé cette semaine sous le thème « Missionnaires de l’espérance parmi les peuples ». Il nous invite par ce thème à prier et à soutenir la mission de l’Églises universelle et des Églises locales. En effet, la Semaine Missionnaire Mondiale appelle tous les catholiques à la prière et au partage, pour soutenir la vie et la mission des Églises locales du monde. A cet effet, une quête est organisée le Dimanche de la Mission. Elle a été instaurée par le pape Pie XI en 1926 et est dévolue aux Œuvres Pontificales Missionnaires.
- Historique de la Semaine missionnaire
La Semaine missionnaire mondiale existe depuis 1926. Elle a été instaurée par le pape Pie XI. La bienheureuse Pauline Jaricot (1799-1862) en est l’inspiratrice. À l’âge de 17 ans, elle tourne le dos à sa vie mondaine et s’associe avec de jeunes ouvrières des usines de son père pour collaborer à la propagation de l’Évangile par la prière et l’animation missionnaire.
Après trois années, prenant conscience des nécessités matérielles dans les pays dits de mission, la jeune Pauline invente un système ingénieux de collecte des fonds pour la mission. Une collecte pour propager l’Évangile par l’action missionnaire. La pratique va se déployer dans toute l’Europe et susciter l’engagement des milliers de personnes.
La chaîne financière et spirituelle de Pauline Jaricot deviendra officiellement l’Association de la Propagation de la Foi le 3 mai 1822. La croissance rapide de cette organisation à travers toute l’Europe attire finalement l’attention du Saint-Siège qui demande à l’accueillir. L’Association de la Propagation de la Foi, ainsi que deux autres (l’Enfance missionnaire fondée par Charles de Forbin en 1843 à Paris et l’œuvre de Saint Pierre Apôtre fondée en 1889 par les Dames Bigard à Caen) qui verront le jour plus tard deviennent pontificales le 3 mai 1922. L’Union pontificale missionnaire fondée en Italie par le Père Paolo Manna en 1916 quand a elle sera déclarée pontificale en 1956. Ces différentes œuvres sont regroupées sous l’appellation Œuvres Pontificales Missionnaires dont l’objectif commun et principal étant de « promouvoir l’esprit missionnaire universel au sein du peuple de Dieu » (Redemtoris Missio n. 84).
Pour y parvenir, ces œuvres susmentionnées, en tant qu’organismes du gouvernement du Saint-Siège, informent sur la vie et sur les besoins de la mission universelle, stimulent les Églises à prier les unes pour les autres et œuvrent pour favoriser l’échange mutuel la communion et le partage. Il leur revient la tâche première de donner une impulsion à la coopération pour harmoniser les forces missionnaires et garantir une distribution équitable des ressources pour la mission avec une attention particulière pour les pays les plus démunis.
La Semaine missionnaire mondiale est vécue avec ferveur dans les diocèses et les paroisses du monde entier, et tous les fidèles du christ sont invités à évaluer à cette occasion leur engagement missionnaire. Alors que pouvons-nous dire de l’Eglise Famille de Dieu qui est en Afrique?
- Missionnaires de l’espérance parmi les peuples. La mission du SCEAM
Le pape Léon XIV a choisi de placer cette 99ᵉ Semaine missionnaire mondiale sous le thème « Missionnaires de l’espérance parmi les peuples ». Cette devise que propose le pape en cette année jubilaire, « rappelle à chaque chrétien et à l’Église, communauté des baptisés, la vocation fondamentale d’être, à la suite du Christ, des messagers et des bâtisseurs d’espérance » (Léon XIV). Alors, que chaque baptisé, disciple et missionnaire du Christ, fassent briller l’espérance au tour de lui et en tout lieu! Voilà le vœu qu’exprime le pape Léon XIV dans son message.
Il faut rappeler à cette occasion que l’année 1969 fut pour l’Église qui est en Afrique et dans ses îles, une année particulière pour la mission intracontinentale. En effet, quelques années après la clôture du Concile Vatican II (1962-1965), la terre africaine a eu cette année-là le privilège d’accueillir pour la première fois sur son sol la visite d’un souverain Pontife, le Pape Paul VI à Kampala en Ouganda. Dans son adresse aux peuples d’Afrique, il prononça ces paroles prophétiques et engageantes: « Vous, Africains, vous êtes devenus vos propres missionnaires. Vous pouvez et vous devez avoir un christianisme africain ».
Cette visite fut l’occasion du lancement officiel du Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et Madagascar (SCEAM) qui est la cheville ouvrière de l’évangélisation en Afrique et dans ses îles. Puisse nos prières en cette Semaine de mission, renforcer le dynamisme de cette structure de communion et de concertation, pour une synergie qui réalise sa mission et par ricochet la mission même de l’Église famille de Dieu qui est en Afrique!
- Points saillants du Message pour cette 99ᵉ Semaine missionnaire mondiale signé par le pape François
a. Sur les traces du Christ, notre espérance
- En célébrant le premier Jubilé ordinaire du Troisième Millénaire, après celui de l’an 2000, nous gardons le regard fixé sur le Christ qui est au centre de l’histoire, « le même hier, aujourd’hui et pour l’éternité » (He13, 8). Dans la synagogue de Nazareth, il a déclaré l’accomplissement de l’Écriture dans l’“aujourd’hui” de sa présence historique. Il s’est ainsi révélé comme l’Envoyé du Père, avec l’onction de l’Esprit Saint, pour apporter la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu et pour inaugurer « l’année de grâce du Seigneur » pour toute l’humanité (cf. Lc 4, 16-21).
- Dans cet “aujourd’hui” mystique qui dure jusqu’à la fin du monde, le Christ est l’accomplissement du salut pour tous, en particulier pour ceux dont l’unique espérance est Dieu. Dans sa vie terrestre, il « passait en faisant le bien et en guérissant tous » du mal et du Malin (cf. Ac10, 38), redonnant l’espérance en Dieu aux nécessiteux et au peuple.
- En outre, il a fait l’expérience de toutes les fragilités humaines, à l’exception de celle du péché, passant même par des moments critiques qui pouvaient conduire au désespoir, comme dans l’agonie de Gethsémani et sur la croix. Il est ainsi devenu le divin Missionnaire de l’espérance, le modèle suprême de ceux qui, au cours des siècles, portent en avant la mission reçue de Dieu, même dans des épreuves extrêmes.
- À travers ses disciples, envoyés à tous les peuples et accompagnés mystiquement par Lui, le Seigneur Jésus poursuit son ministère d’espérance pour l’humanité. Il se penche encore sur chaque personne pauvre, affligée, désespérée et rongée par le mal, pour verser « sur ses plaies l’huile de la consolation et le vin de l’espérance » (Préface “Jésus le bon Samaritain”).
- Obéissant à son Seigneur et Maître et avec le même esprit de service, l’Église, communauté des disciples-missionnaires du Christ, prolonge cette mission, offrant sa vie pour tous au milieu des peuples. Tout en devant faire face, d’une part, aux persécutions, aux tribulations et aux difficultés et, d’autre part, à ses propres imperfections et chutes dues aux faiblesses de chacun de ses membres, elle est constamment poussée par l’amour du Christ à avancer unie à Lui sur ce chemin missionnaire et à prendre en charge, comme Lui et avec Lui, le cri de l’humanité, et même le gémissement de toute créature en attente de la rédemption définitive.
- Sentons-nous donc inspirés nous aussi à nous mettre en route sur les traces du Seigneur Jésus pour devenir, avec Lui et en Lui, des signes et des messagers d’espérance pour tous, en tout lieu et en toute circonstance que Dieu nous donne de vivre. Que tous les baptisés, disciples-missionnaires du Christ, fassent briller son espérance en tous les coins de la terre !
b. Les chrétiens, porteurs et constructeurs d’espérance parmi les peuples
- En suivant le Christ Seigneur, les chrétiens sont appelés à transmettre la Bonne Nouvelle en partageant les conditions de vie concrètes de ceux qu’ils rencontrent et en devenant ainsi porteurs et constructeurs d’espérance. En effet, « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur » (Gaudium et spes, n. 1).
- L’horizon de cette espérance dépasse les réalités mondaines passagères et s’ouvre aux réalités divines que nous prévoyons déjà dans le présent. En effet, comme le rappelait saint Paul VI, le salut dans le Christ, que l’Église offre à tous comme don de la miséricorde de Dieu, n’est pas seulement « immanent, à la mesure des besoins matériels ou même spirituels […] s’identifiant totalement avec les désirs, les espoirs, les affaires et les combats temporels, mais un salut qui déborde toutes ces limites pour s’accomplir dans une communion avec le seul Absolu, celui de Dieu : salut transcendant, eschatologique, qui a certes son commencement en cette vie, mais qui s’accomplit dans l’éternité » (Exhort. ap. Evangelii nuntiandi, n. 27).
c. Renouveler la mission de l’espérance
- Face à l’urgence de la mission de l’espérance aujourd’hui, les disciples du Christ sont appelés en priorité à se former pour devenir des “artisans” d’espérance et des restaurateurs d’une humanité souvent distraite et malheureuse.
- Les missionnaires de l’espérance sont des hommes et des femmes de prière, parce que « la personne qui espère est une personne qui prie », comme le soulignait le vénérable Cardinal Van Thuan, lequel a maintenu vive l’espérance durant la longue tribulation de la prison grâce à la force qu’il recevait de sa prière persévérante et de l’Eucharistie (cf. F.X. Nguyen Van Thuan, Le chemin de l’espérance, Rome 2001, n. 963).
- N’oublions pas que prier est la première action missionnaire et en même temps « la première force de l’espérance » (Catéchèse, 20 mai 2020).
- Enfin, l’évangélisation est toujours un processus communautaire, comme le caractère de l’espérance chrétienne (cf. Benoît XVI, Lett. enc. Spe Salvi, n. 14). Ce processus ne se termine pas par la première annonce ni par le baptême, mais il continue avec la construction des communautés chrétiennes à travers l’accompagnement de chaque baptisé sur le chemin de l’Évangile.
- J’insiste encore sur cette synodalité missionnaire de l’Église, ainsi que sur le service des Œuvres Pontificales Missionnairesdans la promotion de la responsabilité missionnaire des baptisés et le soutien des nouvelles Églises particulières. Et je vous exhorte tous, enfants, jeunes, adultes, personnes âgées, à participer activement à la mission évangélisatrice commune par le témoignage de votre vie et par la prière, par vos sacrifices et votre générosité. Merci beaucoup pour tout cela !
- Chères sœurs et chers frères, tournons-nous vers Marie, Mère de Jésus Christ, notre espérance. Confions-lui ce souhait pour le Jubilé et pour les années à venir : « Puisse la lumière de l’espérance chrétienne atteindre chacun comme message de l’amour de Dieu adressé à tous ! Puisse l’Église être un témoin fidèle de cette annonce dans toutes les parties du monde ! » (BulleSpes non confundit, n. 6).
Accra (Ghana), 15 Octobre 2025
Rév. P. Zéphirin Moubé
Premier Secrétaire général adjoint du SCEAM
Chargé de la Commission Evangélisation

