Appeler l'Eglise sur son Inégalité
Appeler l'Eglise sur son Inégalité
Pleins feux. Afrique || Par Fikile-Ntsikelelo Moya || 20 juillet 2018
Malheureusement, le rapport sur l'égalité produit par la Commission sud-africaine des droits de l'homme en Afrique du Sud rend la lecture triste et nous invite tous à jouer notre rôle dans la création d'une société plus équitable et plus juste. Ici, Fikile-Ntsikelelo Moya appelle l'Eglise à son propre «mea culpa» en apportant l'inégalité quand il s'agit de l'un des besoins les plus fondamentaux de la société – l'éducation.
C'est à peine un moment où la Commission sud-africaine des droits de l'homme (SAHRC) a publié ses Rapport sur l'égalité 2017/18.
La SAHRC note que « l'Afrique du Sud demeure l'un des pays les plus inégalitaires du monde en termes de revenus et de richesses. La pauvreté s'est accrue ces dernières années, alors que la croissance économique s'est ralentie à un point où les objectifs fixés dans le Plan national de développement semblent improbables ».
Vous seriez durs à trouver quelqu'un surpris ou en désaccord avec la conclusion que l'Afrique du Sud a concurrence pendant des décennies avec l'Inde et le Brésil pour le titre le plus indésirable d'être l'État le plus inégal dans le monde.
Il faut ajouter que ce n'est pas par manque d'efforts, notamment par l'État de l'après-1994, pour créer de meilleures conditions de vie pour tous.
La dernière Aperçu des pays de la Banque mondiale Selon le rapport, « l'Afrique du Sud a fait des progrès considérables vers l'amélioration du bien-être de ses citoyens depuis sa transition vers la démocratie au milieu des années 1990, mais les progrès ralentissent. Selon un seuil de pauvreté $1.90 par jour à la parité de pouvoir d'achat (PPA), la pauvreté est tombée de 33,8 % en 1996 à 16,9 % en 2008. Parmi les facteurs à l'origine de cette situation figurent les filets de sécurité sociale, la croissance du revenu réel, ainsi que la diminution de la pression inflationniste sur les ménages, l'expansion du crédit et la croissance du logement structuré. Pourtant, les progrès ont ralenti ces dernières années en raison de problèmes structurels et de la faiblesse de la croissance mondiale depuis la crise financière mondiale de 2008. La pauvreté était de 18,9 % en 2015, après avoir légèrement augmenté depuis 2011. Le taux de chômage élevé demeure un défi majeur, avec 26,7 % au dernier trimestre 2017. Le taux de chômage est encore plus élevé chez les jeunes, près de 50 %.
Le rapport de la Banque mondiale note en outre que l'Afrique du Sud demeure une économie duale avec l'un des taux d'inégalité les plus élevés au monde, perpétuant à la fois l'inégalité et l'exclusion.
Selon Statistics South Africa, le coefficient de Gini, qui mesure la richesse relative, a atteint 0,65 en 2014 sur la base des données de dépenses (hors impôts) et 0,69 sur la base des données de revenu (y compris les salaires, salaires et subventions sociales). Les 20 % les plus pauvres de la population sud-africaine consomment moins de 3 % des dépenses totales, tandis que les 20 % les plus riches consomment 65 %.
Tout en faisant largement la même constatation que la Banque mondiale, la Commission nous explique pourquoi nous devons nous ennuyer.
« La Commission sud-africaine des droits de l'homme a observé simultanément l'une des manifestations de l'inégalité dans les discours de racisme et de haine », note le rapport sur l'égalité.
« Selon certaines enquêtes, l'inégalité des revenus – et non la race – constitue la caractéristique la plus conflictuelle de la société sud-africaine », note la SAHRC.
Le Pape Pie VI trouve une résonance particulière à notre époque.
« La justice apportera la paix » (cf. Is 32, 17). Nous le répétons aujourd'hui dans une formule plus incisive et dynamique : « Si vous voulez la paix, travaillez pour la justice ».
Ces mots doivent être indissolublement parmi ceux d'entre nous qui souhaitent que « nous nous entendions tous bien ». La paix sociale est un résultat de la justice sociale.
Bien qu'il ne puisse jamais y avoir de bonnes excuses pour le crime, le discours haineux, la bigotrie raciale et la discrimination, le pape Pie a suggéré que si nous ne faisons rien sur le genre de société qui produit de tels maux, nous devons travailler plus dur pour créer un monde où les vertus opposées sont la norme.
“It is difficult, but essential, to form a genuine idea of Peace. It is difficult for one who closes his eyes to his innate intuition of it, which tells him that Peace is something very human. This is the right way to come to the genuine discovery of Peace: if we look for its true source, we find that it is rooted in a sincere feeling for man. A Peace that is not the result of true respect for man is not true Peace. And what do we call this sincere feeling for man? We call it Justice,” said the pope in his New Year’s Day message in 1972.
In our case today, justice must include comprehensive social and economic justice.
In the South African scenario, access to education – from the earliest possible date to skills forming post-school learning – remains one of the most reliable ways out of the inequality described by the SAHRC.
The Catholic Church, together with other Christian churches, has for the most part of its 200-year existence in South Africa been a key part of bringing quality education opportunities to those who otherwise would not have had them.
Today such education opportunities are enjoyed by the wealthy regardless of their skin colour. Whether by design or not, the church’s education system feeds and feeds off the system of the haves and the have-nots.
It is simply untenable that the Catholic Education system runs on the same parallels as the apartheid era Department of Education and Training (for black people) and the various provincial education departments serving white children and teachers.
There can be no illusion that the answers we seek will not come easily. But they have to be sought.
Pope Pius again: “It is an invitation which does not ignore the difficulties in practising Justice, in defining it, first of all, and then in actuating it, for it always demands some sacrifice of prestige and self-interest. Perhaps more greatness of soul is needed for yielding to the ways of Justice and Peace than for fighting for and imposing one’s rights on and adversary, whether true or alleged. We have such trust in the power of the associated ideals of Justice and Peace to generate in modern man the moral energy to actuate them, that we are confident of their gradual victory.”
Source: Pleins feux. Afrique...


