Les vies de la matière mentale: évêque en Afrique du Sud
Les vies de la matière mentale: évêque en Afrique du Sud
Conférence des évêques catholiques d'Afrique australe || Par Mgr Abel Gabuza || 19 septembre 2016
La protection de leur vie est plus importante que l'efficacité budgétaire et les profits optimaux – SACBC Justice and Peace Commission
Nous trouvons moralement inacceptable que 36 patients psychiatriques soient décédés dans les mois qui ont suivi le déménagement du centre de soins de santé Esidimeni vers des ONG locales et d'autres établissements, sans aucune intervention du service de santé Gauteng.
Les familles et tout le pays ont besoin de réponses. Nous adressons nos sincères condoléances à toutes les familles touchées.
En attendant les résultats de l'enquête menée par le service de santé, nous tenons à exprimer notre profonde préoccupation que le service de santé Gauteng n'ait pas tenu compte des avertissements de la société civile et des familles selon lesquels l'annulation du contrat avec le Centre Esidimeni et le transfert de patients ne devraient pas être précipités.
Nous avons noté que le service de santé a mis fin à son accord avec Life Esidimeni parce qu'il coûtait R11 343 par patient et par mois, soit près de R324 millions par an. Ce coût exorbitant des services de santé mentale chez Life Esidimeni devrait nous rappeler la crise profonde que nous affrontons en tant que pays en ce qui concerne le coût des soins de santé. Nous continuons donc de demander au ministère de la Santé de prendre des mesures adéquates pour assurer un contrôle durable des coûts des soins de santé. Nous réaffirmons notre position selon laquelle un système de santé qui profite à la population et sans mesures adéquates de contrôle des coûts est à la fois insoutenable pour le pays et une peine de mort pour les pauvres.
Nous préconisons également au département de la santé de ne pas utiliser sa politique actuelle de désinstitutionnalisation des soins de santé mentale, telle qu'elle est définie dans la loi sur la santé mentale et dans le cadre de la politique en matière de santé mentale et le plan d'action stratégique 2013-2020, comme prétexte pour s'écarter de ses responsabilités constitutionnelles de fournir des soins adéquats aux malades mentaux.
En tant que société, nous ne devons jamais oublier que la vie des malades mentaux est précieuse devant Dieu. La vie des malades mentaux devrait donc être considérée comme plus importante que les exigences de l'efficacité fiscale et de la réalisation de profits.
Source: La Conférence des évêques catholiques d'Afrique australe...


