Les évêques au Nigéria défient leur nation

Père Don Bosco Onyalla · 14 mars 2017 · 10 min lire

Les évêques au Nigéria défient leur nation

CANAA || Par le Père Don Bosco Onyalla, Nairobi || 13 mars 2017

nigeria bishops march 2017 plenaryLes évêques catholiques du Nigeria ont fait part des défis auxquels sont confrontés les citoyens de leur nation, depuis le concept de citoyenneté jusqu'au caractère sacré de la vie humaine jusqu'à l'insécurité générale jusqu'à la montée endémique des milices selon des critères ethniques.

Les Evêques l'ont exprimé dans une déclaration collective en tant que Conférence épiscopale catholique du Nigeria (CBCN) à l'issue de leur première réunion plénière d'une semaine pour l'année 2017, qui s'est déroulée au Centre de retraite et de conférences des Filles de l'Amour Divin (DRACC), Abuja, du 4 au 10 mars 2017.

"Depuis la fin de la tragique guerre civile au Nigeria, à aucun autre moment de l'histoire de notre cher pays, la question de notre citoyenneté commune a été soumise à plus de pression", a déclaré et expliqué les évêques, "Nous avons été témoins de l'ubiquité et du profil croissant des milices ethniques et de leur violence destructrice croissante contre notre communauté."

« Nous avons trouvé le mépris total de la sainteté de la vie humaine totalement en contradiction avec nos normes culturelles traditionnelles et nos sensibilités religieuses. La vie n'a jamais eu l'air si bon marché », ont ajouté les Evêques, « exposés à la violence presque quotidiennement, de plus en plus de nos jeunes enfants perdent leur innocence alors qu'ils voient leurs parents massacrés au hasard et leurs biens vandalisés ».

La déclaration des évêques a été cosignée par le président du CBCN, l'archevêque Ignatius Ayau Kaigama de Jos et le secrétaire du CBCN, l'évêque William Avenya du diocèse de Gboko.

« Au fil des ans, nous avons été témoins de l'assujettissement et de la déshumanisation de notre peuple par une élite puissante qui a continué à ignorer le caractère sacré et la dignité de chaque citoyen nigérian », dit en partie la déclaration et explique : « Par conséquent, nous avons maintenant des générations de jeunes face à une vie d'incertitude, de peur et de désolation. »

Voici le texte intégral de la déclaration des évêques.

Notre dignité, notre nation et notre citoyenneté

Déclaration de la Conférence épiscopale catholique du Nigéria

1: La lutte pour la citoyenneté

Depuis la fin de la tragique guerre civile au Nigeria, à aucun autre moment de l'histoire de notre cher pays, la question de notre citoyenneté commune a été soumise à plus de pression. Nous avons été témoins de l'omniprésence et de l'augmentation du profil des milices ethniques et de leur violence destructrice croissante contre notre communauté. Nous avons assisté à une montée de la politique d'identité avec notre peuple qui se replie dans l'utérus de l'ethnicité. Ainsi, au lieu de respirer l'air libre de la démocratie depuis la fin du régime militaire, nos poumons s'étouffent au milieu des fumées de la violence. L'insécurité a transformé notre pays en guerre de théâtre. Face aux sans-abri, aux sans-abri et aux maladies, la majorité de notre peuple ne se sent pas pleinement citoyen de notre cher pays.

2. Citoyenneté et souveraineté de l ' État :

Nous rééchotons les paroles et les sentiments des rédacteurs de notre Constitution qui nous ont assurés que la souveraineté appartient au peuple et que c'est de cela que provient sa légitimité. Comme l'indique clairement la même Constitution, la sécurité et le bien-être de la population sont l'objectif premier du gouvernement. La même Constitution garantit notre citoyenneté commune et nous garantit en outre des droits tels que le droit à la dignité, à la liberté d ' expression, à la liberté de religion et de conscience. On nous garantit la liberté de circulation, mais le citoyen moyen sait qu'aujourd'hui, c'est le contraire.

Nous demandons aux gouvernements fédéral et des États de respecter et d'appliquer les dispositions pertinentes de notre Constitution afin de donner à tous nos citoyens un sentiment d'appartenance partagé.

3: La diminution du caractère sacré de la vie humaine:

Nous avons trouvé le mépris total de la sainteté de la vie humaine totalement en contradiction avec nos normes culturelles traditionnelles et nos sensibilités religieuses. La vie n'a jamais été aussi bon marché. De plus en plus de nos jeunes enfants, exposés à la violence presque quotidiennement, perdent leur innocence alors qu'ils voient leurs parents massacrés au hasard et leurs biens vandalisés. Cette violence est venue à la tête avec l'éruption de Boko Haram. Nous notons également, en particulier, le meurtre de centaines de chiites à Zaria en décembre 2015; les meurtres dans le sud de Kaduna et les rencontres impliquant des éleveurs et des agriculteurs à travers la Savanna nigériane, qui a conduit à des milliers de meurtres. Nous prions pour le repos sûr des âmes des morts et pour que Dieu console les endeuillés et guérisse les blessés.

Nous reconnaissons les progrès accomplis sous l'administration actuelle dans la dégradation de l'insurrection de Boko Haram. Bien que le gouvernement fédéral ait annoncé la défaite technique de Boko Haram, nous n'avons aucune raison de croire qu'ils ne se regroupent pas et que nous ne pouvons pas refuser leur évolution en quelque chose de plus mortel, car nous avons continué à assister à leur massacre sauvage, affreux et terrible de citoyens innocents. Bien que nous félicitons le gouvernement fédéral pour le succès enregistré jusqu'à présent, y compris le sauvetage de certaines des filles de Chibok, nous savons que tant que toutes nos filles ne sont pas à la maison, notre victoire n'est pas complète. Nous encourageons également le gouvernement fédéral à accélérer le processus de réinstallation de notre peuple.

4: Une nation restive et sa jeunesse:

Au fil des ans, nous avons été témoins de l'assujettissement et de la déshumanisation de notre peuple par une élite puissante qui a continué à ignorer la sainteté et la dignité de chaque citoyen nigérian. Par conséquent, nous avons maintenant des générations de jeunes confrontés à une vie d'incertitude, de peur et de désolation. Les diplômés sont incapables de trouver un emploi. Avec des parents sans emploi, n'ayant pas de pension et confrontés à une situation économique débilitante, nous sommes attristés que nos jeunes aient été exposés à tant de dangers. Aujourd'hui, nous perdons nos enfants dans la rue, dans les gangs et la drogue. Tant que ces jeunes erreront dans les rues avec tant de découragement, ils resteront exposés et peut-être recrutés pour rejoindre de tels groupes maléfiques comme les kidnappeurs, les gangs de drogue et de trafic d'êtres humains ou Boko Haram. Notre nation doit inverser cette mauvaise tendance dans notre société.

5 : Mettre fin aux inégalités et aux indignités :

Le Saint-Père François a averti que : « Le culte de l'ancien veau d'or est revenu sous une forme nouvelle et impitoyable dans l'idolâtrie de l'argent et la dictature d'une économie impersonnelle dépourvue d'un but véritablement humain ». Il est donc intolérable que notre peuple continue à vivre sous tant de pauvreté et d'inégalités.

Nous félicitons le Président pour sa guerre contre la corruption. Nous pensons, cependant, que cette guerre n'aura de sens que si elle appartient à la généralité des Nigérians. Plusieurs incidents récents ont contribué à saper la foi des Nigérians dans la crédibilité de la lutte contre la corruption. Pour rétablir la foi du peuple dans cette guerre, nous appelons le Gouvernement fédéral à autoriser une enquête indépendante sur les allégations récentes de corruption à l'encontre de hauts responsables de l'administration.

Nous demandons également à notre gouvernement de mettre en oeuvre ses engagements non honorés, comme mettre fin à la pauvreté, nourrir la nation et offrir une éducation accessible.

6 : Institutions crédibles et citoyens Droits :

We underscore the importance of credible institutions for the effective protection of citizen’s rights and responsibilities and believe that a credible judiciary is indispensable for the future of Nigeria. We welcome the steps taken by the administration to end the uncertainty over the appointment of the Chief Justice of Nigeria (CJN) and transmit warm congratulations to the new Chief Justice, Walter Onnoghen. While underscoring the need for the new CJN to upgrade the credibility of the judiciary, we also call the attention of government to the need to unequivocally commit itself to the rule of law. We condemn the failure or refusal of government to obey court orders, including, notably, the disrespect of court orders requiring the release of Sheikh El-Zakzaky; Nnamdi Kanu and Col Sambo Dasuki. We call on government to return to the path of rectitude and obedience of court orders.

7: Education: collaboration for effectiveness and efficiency:

We are troubled by the state of education in Nigeria today and fear that increasingly, our capacity to compete and take advantage of the talents of our youth in this age of globalisation is severely challenged. We call on the federal and state governments to reverse the tragic policy of the take over of schools and open up channels for more effective communication and collaboration with the Church.

We commend those Governors who have wisely decided to share this burden by returning schools to their rightful owners. Those States which have reversed this decision have witnessed remarkable and measurable progress in the performance of their schools in the annual examinations. We believe that the education of our children is beyond politics.

8: enforcing our constitutional religious freedoms:

In the area of religious freedom of worship and conscience, we are saddened by the fact that many State governments, Universities and other institutions of higher learning continue to act against the Constitution. State Governments many of the States in the north continue to refuse of Certificates of Occupancy for the construction of Churches. We call on the federal and state governments to respect the relevant provisions in the Constitution.

9: Human Rights Education as an Imperative:

There is enough in our Constitution to guarantee citizens rights and dignity. Beyond the excesses of some of the agencies of state, the lack of a culture of human rights based on citizens’ knowledge of their rights is the primary reason why injustice and tension continues in our land. We therefore call on all citizens, even at the most elementary levels to be acquainted with our rights and obligations. We therefore call on the National Human Rights Commission to liaise with Community-based organisations, civil society groups and the leaders of religious communities to expand the frontiers of culture of human rights among our citizens.

10: A Prayer:

While we continue to pray for the speedy recovery of our President and for the unity of our nation, we must realize that the challenge of placing our huge resources at the service of our people, can no longer be postponed indefinitely. The equitable distribution of our resources for the common good must be the definite goal of those who hold this trust. This will help to restore our dignity as human beings and our integrity as a nation and our loyalty as citizens. God bless Nigeria.

Archbishop Ignatius Ayau KAIGAMA Most Rev. Dr. William AVENYA

President, CBCN Secretary, CBCN

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