Rapport du Département «Foi-Culture-Développement»

SECAM Communications · 24 juillet 2016 · 6 min lire

Assemblée plénière du SECAM. Luanda 2016

L'engagement de l'Eglise en Afrique pour une profonde évangélisation (Ecclesia in Africa) et pour une société plus réconciliée et plus attachée à la justice et à la paix (Africae munus) a souligné la question de la culture comme un facteur majeur qui ne peut malheureusement pas être pris en compte pour annuler tous nos efforts pastoraux. Certains défis actuels nous montrent avec force :

– La recrudescence des maladies mystiques, phénomènes de sorcellerie et de sorcellerie, qui n'épargnent personne, pas même les gestionnaires et les intellectuels universitaires.

– Le piétinement de la gouvernance en Afrique avec le poids encore plus fort des groupes ethniques sur la vie politique.

– La radicalisation du conflit interreligieux étranger à la culture africaine de dialogue et de tolérance, et la montée d'un sécularisme emprunté qui est également étranger à la culture africaine.

– La persistance du sous-développement malgré les ressources humaines et matérielles du continent, etc.

L'objectif de «Faith-Culture-Development" est d'aborder ces défis par la réflexion et l'engagement.

Pour cette raison, elle doit mettre en place un réseau à travers l'Afrique, afin de stimuler une nouvelle dynamique de recherche et d'action pastorale.

Dans le Plan d'action du SECAM pour la période triennale 2013-2016, nous avons prévu pour le Département «Foi-Culture-Développement», trois axes d'engagement:

– Axe 1: Information des conférences épiscopales régionales et mise en place de points focaux dans chaque région

– Axe 2: Organisation du sujet ecclésial autour de quelques grandes questions culturelles pour l'avenir du continent africain

– Axe 3: Création d'un réseau entre les centres culturels de recherche et les universités catholiques d'Afrique et de Madagascar

Pour l'Axe 1, nous n'avons eu qu'une occasion favorable: rencontrer les évêques de l'ACERAC, lors de leur assemblée plénière à Brazzaville (juillet 2014). C'était une rencontre très positive où l'importance du Département "Foi-Culture-Développement" a été fortement soulignée par tous les évêques.

Nous avons participé à la réunion des Secrétaires généraux des Conférences épiscopales nationales et régionales à Johannesburg (mars 2014) qui ont également montré un vif intérêt pour la naissance du Département.

Mais il n'y avait pas de mandat explicite des évêques pour que les points focaux par région soient identifiés; ces personnes ressources ne sont pas autres que les secrétaires généraux qui sont déjà trop occupés par les tâches de coordination administrative. Ces points focaux travailleront avec les secrétariats généraux, les universités catholiques et les commissions nationales d'inculturation là où elles existent.

Pour l'axe 2, nous avons organisé ou participé à diverses réunions:

– Mobilisation de la diaspora romaine et européenne autour de la canonisation de Jean XXIII et de Jean Paul II qui, en termes d'inculturation, est apparue dans la figure prestigieuse de nos ancêtres dans la foi

– Préparation des deux Synodes sur la Famille (la contribution de l'Afrique)

– Réunion statutaire ACUHIAM

– Mettre en avant la figure d'Alioune Diop comme modèle d'engagement d'un profane en faveur de la culture pour un enracinement africain du christianisme et la libération politique des peuples africains.

– Préparation d'un colloque international sur le dialogue interreligieux et interculturel (ATR-Islam-Christianité en Afrique) en vue de l'établissement d'un plan d'éducation pour la paix par le dialogue pour l'utilisation des écoles et des centres universitaires.

Ce qui nous a semblé important ici, c'est l'éclairage des contributions uniques d'Alioune Diop, l'un des pères fondateurs de la théologie africaine contemporaine, une figure à rapprocher de celle de Julius Nyerere, un modèle d'engagement pour la sainteté des fidèles chrétiens en politique. D'autres figures fidèles laïcs doivent encore être découvertes et suggérées aux jeunes générations comme l'expression vivante d'une Église mature et d'une théologie qui a fait de la vie et de l'engagement pour un renouveau efficace de l'Afrique.

For Axis 3, we are actively preparing a meeting of African Catholic cultural centers for the establishment of a consortium of the said centres. The Pontifical Council for Culture did, a few years ago, an initial inventory of the cultural centres in Africa. But this initiative was not extended on the field by creating a synergy of these different centres so that by joining their efforts with those of ASSUNICAM they make it possible for the articulation of academic research with practical experience of faith by ecclesial communities struggling with the issues of culture and development.

Which projects for “Faith-Culture-Development” (2016-2019)?

From the progress made since the Plenary Assembly of Kinshasa, two projects appear to us as future projects and the Department of «Faith-Culture-Development” would already tackle them in 2017 through two major conferences:

Project 1: The commitment to the emergence of an African secularism integrating the religious principle

Project 2: The establishment of a Pan-African consortium of Catholic cultural centers for an efficient capitalization of African inculturation experiences.

But there is a third which has a great ecclesial significance:

At the last Ordinary General Assembly of the Synod of Bishops, and especially the commemoration of the fiftieth anniversary of the synodal institution, the issue of synodality emerged as the major ecclesiological issue for the coming years. The echo that this issue has in the young Churches is certainly not the same as it has in the ancient tradition of Churches in the East and the West. But even among young Churches there are different resonances: Africa does not have the same concerns as Asia or Latin America. One might even wonder whether Africa is as well prepared as the other continents to open herself to this ecclesial kairos. She will bring an original answer only if, starting from the deepest experience of the God of Jesus Christ that is at the heart of its culture. To this the Consortium to be created for African Catholic cultural centres could be of great use. It constitutes one of the most credible methods to make effective the rebirth of the School of Alexandria as so desired by Benedict XVI (Address in Yaounde and Africae munus, 137).

It would, no doubt, be one of the most original contributions of the Church in Africa at this time as it prepares to celebrate the fiftieth anniversary of SECAM whose voice is increasingly expected in the heart of Catholicity.

Accra, June 30, 2016

Edouard ADE

FCD coordinator

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