Questions et réponses avec Sr Patricia Ebegbulem, sauvetage et réadaptation des victimes de la traite au Nigéria
Questions et réponses avec Sr Patricia Ebegbulem, sauvetage et réadaptation des victimes de la traite au Nigéria
Global Sisters Report (GSR) || Par Dawn Araujo-Hawkins || 09 février 2017
En 2016, des sœurs de Bakhita Villa, une maison sécurisée à Lagos, au Nigéria, ont aidé à sauver et à réhabiliter neuf victimes de la traite des êtres humains.
Là, les hommes et les femmes reçoivent des conseils, suivent des cours d'informatique et acquièrent les compétences dont ils ont besoin pour leur nouvelle vie. Actuellement, seules les femmes vivent à la Villa Bakhita, mais St Louis Sr Patricia Ebegbulem, directrice de la maison de sécurité, a déclaré qu'elles priaient et planifiaient une expansion pour accueillir également les victimes masculines.
Ebegbulem a parlé à GSR de son ministère, pourquoi elle se sent attirée par St. Josephine Bakhita, et pourquoi tant de gens risquent d'être victimes de la traite aujourd'hui.
GSR: Quelle est la meilleure partie de votre ministère?
Ebegbulem: La meilleure partie de notre ministère est ce que nous considérons comme nos réussites. C'est alors que les victimes de la traite des êtres humains ou les survivants qui viennent à nous s'installent heureux et arrivent dans la vie. Parmi les exemples de ces réussites, mentionnons les mariages heureux de nos dames après leur séjour chez nous; la réintégration heureuse où les survivants vivent de leur propre dignité et se sentent satisfaits; lorsque les victimes de la traite sont heureuses de retrouver leur famille; et quand j'entends nos dames remercier Dieu et nous remercier de les avoir sauvés de la tanière du lion et promis de ne jamais retourner à la vie qu'elles ont été contraintes de vivre.
Quelle est la partie la plus difficile de votre ministère?
Ebegbulem: Le plus difficile est quand les victimes de la traite refusent de s'installer. Pendant le counseling et la période de réadaptation, vous réalisez qu'ils veulent y retourner. En fait, certains ont trouvé leur chemin de retour d'où ils ont été expulsés.
Un autre aspect difficile est quand vous réalisez qu'ils ne vous font pas confiance, et ils continuent à vous dire des mensonges. Vous ne pouvez que vous sentir frustré de savoir que vous ne faites aucun progrès avec eux.
Un autre aspect difficile est le manque de fonds et d'installations. Il y a tellement de choses que vous aimeriez faire, mais vous êtes limité à cause des fonds. Beaucoup qui connaissent notre travail nous amènent souvent de jeunes femmes victimes de la traite interne et qui veulent être secourues et réintégrées. Très souvent, nous n'avons pas les fonds nécessaires pour les aider.
Pourquoi as-tu nommé ton refuge après St Josephine Bakhita ?
Ebegbulem: Lors de notre atelier sur la lutte contre la traite des êtres humains du 19 au 23 avril 2013, à Pretoria (Afrique du Sud), La région africaine de Talitha Kum a choisi St. Josephine Bakhita, une ex-esclave africaine du Soudan qui a été kidnappée et victime de la traite, en tant que sainte patronne de son ministère de lutte contre la traite. Nous avons décidé que le 8 février, sa fête sera la Journée contre la traite des êtres humains en Afrique.
L'année suivante, le 23 mars 2014, nous avons déménagé là où nous sommes maintenant, et il est venu naturellement à moi pour appeler la maison après St. Bakhita. J'ai une grande dévotion à Sainte Bakhita dans la mesure où certains m'appellent Bakhita. Ils disent qu'on se ressemble.
Quelque chose de très significatif s'est produit au Vatican lors de notre audience avec le pape en septembre 2015 lors d'une réunion contre la traite convoquée par le conseil pontifical pour les migrants et les réfugiés. Brian Willis d'Amérique a obtenu notre Saint-Père, le Pape François, pour bénir une icône de Sainte Bakhita, et il me l'a remis.
J'étais dans la merde ! Il ne connaissait pas ma dévotion à Sainte Bakhita. Il ne me connaissait pas jusqu'à notre rencontre à Rome. Je l'ai vu comme un acte de Dieu. J'ai conclu qu'il m'avait donné l'icône pour l'Afrique. D'ailleurs, je suis le représentant africain dans un couple de réseaux internationaux contre la traite des êtres humains. Mon plan est de passer cette icône de Sainte Bakhita autour parmi les pays africains.
Quels sont vos plans pour l'abri dans les prochaines années ?
Ebegbulem: Yes, we have great plans and dreams. This includes a place for skill acquisition. There is an uncompleted building beside our villa. Every day, I keep praying and hoping that we will be able to buy it for expansion to reach out to so many vulnerable people who come to us for assistance, especially victims of internal trafficking who are not receiving any attention. If we can purchase the building, we will have rooms for skill acquisition and other facilities.
In the years since you’ve been working with trafficking survivors, what has changed in the way the international community views and handles human trafficking? What are the areas in which we still need growth?
There is greater publicity, especially with CNN, Al Jazeera, etc. More funds are being pumped into countries of origin, though I wonder if these funds get into the right hands
Areas in which we still need growth: demand. Many of us feel that the international community, the supposedly civilized world, the countries of destination are silent on [the demand for trafficked individuals], and that is why human trafficking, especially for prostitution, has continued to flourish. The old adage of ‘no demand, no supply’ still holds. I made this clear in one of my books, Stop Trafficking in Women & Children: It is a Crime against Humanity.
What misconceptions do you believe people still have about human trafficking?
Ebegbulem: [People believe that] human trafficking is not real, that only the poor get trafficked, that some women make that choice.
In 2012, you were awarded the Pro Ecclesia et Pontifice medal. Can you tell me what that meant to you?
It was a big encouragement for me. I felt appreciated by our church, the Catholic church, and that energized me in my work and commitment.
The United Nations recently reported that there are more refugees today than there were during World War II. Do you think this mass movement of people will have an effect on human trafficking?
Of course it will have a tremendous effect in human trafficking. When people move from their base, especially to a strange land, they become very vulnerable and can easily be trafficked. The cause of the movement, which is often unprepared and unforeseen, makes the migrant more vulnerable. Away from their natural environment, they become people at risk and can easily be deceived and trafficked.
How should we pray for trafficking victims around the world?
Ebegbulem: People can get together and pray against human trafficking as families, groups, individuals at work, etc. Just as you have societies in the church such as Legion of Mary, Sacred Heart, you can have a St. Bakhita Society, whose main goal will be to pray against human trafficking. Some prayers were composed about St. Bakhita and, even before she was beatified; some prayers were being said to bring an end to human trafficking.
Fortunately, the feast of St. Bakhita, February 8, is in the Liturgical Ordo. That will encourage people to pray against human trafficking.
[Dawn Araujo-Hawkins is a Global Sisters Report staff writer based in Kansas City, Missouri. Her email address is daraujo@ncronline.org. Suivez-la sur Twitter : @dawn cherie.]
Source: Global Sisters Report...


