Évêques de l'Est du Congo sur les spirales de la violence: «Nous refusons de mourir»

Père Don Bosco Onyalla · 4 juin 2018 · 5 min lire

Évêques de l'Est du Congo sur les spirales de la violence: «Nous refusons de mourir»

Crux || Par Ngala Killian Chimtom || 04 juin 2018

Les évêques de l'est de la République démocratique du Congo ont mis en garde contre le fait que la violence continue pourrait conduire à « l'institutionnalisation d'un esprit de tribalisme, de division et d'exclusion, fondé sur la même logique que celle de sécession ».

Les évêques ont publié l'avertissement à la fin de la Session ordinaire de la Conférence épiscopale provinciale de Bukavu (ASSEPB) tenue à Goma en RDC du 14 au 20 mai.

« Au Nord-Kivu, une certaine tendance politique pousse à la fragmentation et à la division de la province, sur la base d'intérêts particuliers, sans tenir compte de la volonté de la population qui espère l'unité du Nord-Kivu », ont déclaré les évêques de la province ecclésiastique de Bukavu.

Depuis des décennies, le Nord-Kivu est en proie à l'insécurité, alors que des dizaines de groupes armés s'emparent du contrôle de la région par d'énormes ressources minérales et, ce faisant, tentent de faire sortir le territoire du reste du pays.

Les évêques craignent que les combats ne dégénèrent en divisions ethniques, un scénario qui pourrait transformer la RD Congo en un autre Soudan du Sud.

« Il y a un risque de provoquer des rivalités interethniques : violence, nettoyage ethnique et crimes contre l'humanité », ont-ils déclaré.

« Cette dynamique pourrait aussi nous amener au seuil de la violence et des atrocités que nous avons connues récemment ici et ailleurs : sur le territoire de Beni, en lturi, au nord du Katanga, au Kasaï, comme encore aujourd'hui, au Soudan du Sud », ont-ils écrit.

Les évêques ont dit que la lutte pour la richesse minérale est aggravée par l'absence d'autorité de l'État.

"Le déficit de l'autorité de l'État est connu depuis des décennies, et il s'aggrave: le pays est mal gouverné, créant un climat économique, social et politique qui favorise la balkanisation du pays", ont déclaré les évêques.

Une crise institutionnelle à la tête de l'État, averti par les évêques, crée "l'insécurité, qui va du vol du bien commun à des fins égoïstes à la violence politique programmée". À son tour, cette violence engendre le recrutement de jeunes dans les myriades de milices.

La « crise institutionnelle » à laquelle les évêques se réfèrent découle du refus du président de la RDC Joseph Kabila de démissionner à l'expiration de son mandat en décembre 2016.

Les évêques se plaignaient que l'insécurité offre la recette parfaite pour l'enracinement de la pauvreté et provoque un exode rural, conduisant à « l'urbanisation non planifiée qui vient avec la paupérisation et la promiscuité », selon les termes du président de la Conférence épiscopale de Bukavu, Mgr François-Xavier Maroy.

Mauvaise gestion économique

Les évêques ont dit que l'économie du pays est organisée d'une manière qui finit par bénéficier aux entreprises étrangères. Dire que la richesse minérale du pays est simplement volée, ils ont également contesté l'augmentation des taxes sur les biens produits à la maison.

« Les surtaxes sur les produits maison découragent les entreprises locales et asphyxient l'économie nationale au profit des entreprises étrangères », ont-ils déclaré. « Pendant ce temps, les infrastructures routières se dégradent partout, entraînant une hausse des prix et une augmentation de la pauvreté dans la population.

Ils s'en sont pris aux dirigeants du pays pour avoir utilisé des lois mal rédigées pour vendre des minéraux du Congo à des entreprises étrangères, "auctionnant" les ressources du pays.

Un appel pour plus d'engagement politique

La RDC est censée se rendre aux urnes le 23 décembre pour choisir un nouveau leader. Les évêques ont exprimé des doutes sur la probabilité de respecter ce délai, compte tenu de l'aggravation de la situation dans le pays. Néanmoins, ils ont appelé la population à s'impliquer activement dans le processus politique, en lui disant ce que les bons chrétiens sont appelés à faire.

Noting that the country was face to face with its destiny in “this decisive moment of general elections,” the bishops said the people are faced with a political class predisposed to “steal our resources, and mismanage our common heritage through compromises with foreign predators who deprive and asphyxiate us. Let’s stay vigilant and bar the way to their obscure plans.”

“We call on you to engage in constructive democratic dialogue and efficient political engagement,” the bishops said.

They called on the Justice and Peace Commission of the country’s dioceses to help “our Christian and local communities in the ongoing electoral process in the areas of a democratic culture as well as in the analysis, management and resolution of local conflicts.”

‘We refuse to die’

In apparent reference to rising animosity between Church and state in the DRC, the bishops said they will continue to articulate the views they believe are right and just in the eyes of God and the Congolese people.

“We refuse to die,” they said. “We must free ourselves from the fear of death, because Christ conquered death. Let us foster the Christian values of freedom and sacrifice and remain vigilant in prayer.”

They said they were ready to pay even the supreme sacrifice, if need be, citing some of their peers who had fallen in pursuit of the truth in the DRC, namely Archbishops Christophe Munzihirwa and Emmanuel Kataliko, as well as Floribert Bwana Chui of the Community of Sant’Egidio.

Source: Crux...

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