Cardinal Fridolin Ambongo : « Eglise ne peut pas se réunir avant l'exploitation illégale des ressources minières en Afrique »

Communication SCEAM · 14 octobre 2024 · 17 min lire

« Les martyrs modernes, victimes de l'exploitation des ressources minières en Afrique : Réalisations et perspectives de l'Eglise en sortie ». C=est le thème d=une conférence présentée le 12 octobre à Rome par le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque métropolitain de Kinshasa (RDC) et président du Symposium des Conférences épiscopales d=Afrique et Madagascar (SCEAM). C'était à l'occasion d'un webinaire hybride organisé à l'occasion du 60e anniversaire de la canonisation des Martyrs de l'Ouganda.

Au cours de cette rencontre tenue à Rome et en ligne, le cardinal président du SECAM a levé le droit sur les situations nombreuses et difficiles que traversent les "martyrs modernes", en l'occurrence "les personnes qui sont faibles et moyennes à cause de l'exploitation des ressources minières en Afrique". En effet, "l'extraction et le transport de ces minéraux dépossèdent et déplacent des familles de leurs terres". Par les malades, « il y a sous la démolition violente des foyers, la contamination des eaux, la pollution de l'air avec notamment des moyens lourds, le projet de cyanure dans la nature, avec des tombes dommages sur les rendus de l'agriculture, de l'élevage ou de la pêche ». Des exploitations et situations illégales aux conséquences dommagéables face auxquelles, « L'Église ne peut pas se réunir ».

Voici l'intégrité de la conférence présentée par le Cardinal Ambongo, à Rome, samedi 12 octobre 2024.

 

Les martyrs modernes, victimes de l'exploitation des ressources minières en Afrique : Réalisations et perspectives de l'Eglise en sortie.

Conférence de Son Eminence Fridolin cardinal AMBONGO à l'occasion du 60ème anniversaire de la canonisation des Martyrs de l'Ouganda

Rome, le 12 octobre 2024

Présentation

Je veux avant tout revenir de tout coeur la Congrégation des Pères Blancs pour leur heure initiative d'organisateur, à l'occasion des 60 ans de la canonisation des Saints martyrs de l'Ouganda, ces Assises sur le thème « Le chant des saints martyrs, Semences d=espoir pour une écologie intégrée ». Je les remercie en particulier pour l'honneur qu'ils m'ont fait d'y participer. A la suite des Pères Blancs, j'exprime ma gratitude à l'Endroit de tous les organisateurs de cette importante rencontre au qu'à tous les intervenants. Je salue chacun et chacun de vous qui sont venus ici, de même que vous toutes et tous qui nous suivent en ligne.

« Les Martyrs modernes, victimes de l'exploitation des ressources minières en Afrique : Réalisations et perspectives de l'Eglise en sortie », tel est le thème qui a été proposé. 60 ans après la canonisation de Saint Charles Lwanga et de ses compagnons, on peut à juste titre se demander, quels sont les fruits du témoignage de ces vaillants martyrs de l. Quelles leçons et quelles perspectives peuvent-nous envisager pour l'expression en sortie missionnaire confrontée à ce grand et redoutable défi que constitue la réalité des Martyrs modernes, victimes de l'expression en Afrique. Dans son projet de réserver la maison commune, l'Afrique a-t-elle suffisancetiré des leçons des supplices subies par ses enfants ? Comment les 60 ans des martyrs de l'Ouganda sans regarder en face, les martyrs d'aujourd'hui ?

Pour répondre à ces questions, nous proposons une approche en trois points. Nous commençons par mieux cerner la réalisation du martyre et ses lieux d'ancrage théologique, nous examinons ensuite la réalisation des martyrs modernes, nous terminons par ouvrir des perspectives pour la mission de l'Église en sortie.

I- Angrages théologiques

Rappelons d'abord que dans son sens strict, le Martyr est celui qui rend hommage à la vérité de la foi, en acceptant la mort et en sunissant au Christ par la charité (cf. CEC 2473). Est déposé au martyre, tout croyant qui accepte le délibérationment des conséquences extérieures des engagements de son baptisme, et qui, à l'exemple du Christ, est prêt à témoigner son amour de Dieu et des hommes jusqu'à la mort inclusivement, en s.Appuyant non pas sur ses propres forces mais sur l'esprit Saint qui authentifie le témoignage du disciple (Mt 10, 20 ; Jn 15, 26-27).

Depuis l'Eglise primitive, le martyre par épanche de sang a toujours été considéré comme une grâce de Dieu, qui déploie sa puissance chez des êtres humains fragiles, dans la situation précise d'une persécution. Ceux qui veulent présenter le martyre par leur propre volonté pour être acclamés comme héros ont toujours été condamnés, car ce sera adorateurs un témoignage de leurs propres prouesses, et non un témoignage du Christ lui-même.

C'est parce que l'enjeu propre du martyre est le témoignage rendu par des êtres possibles à la personne de Jésus de Nazareth mort et resuscité, confessé comme notre seul Seigneur et sauveur, qu'une question mérite d'être posée : quels sont les ancrages théoriques qui éclairent le témoignage du martyr ? Parmi plus d'ancrages théologiques qui nous paraisent importants pour comprendre en quel sens le projet d-Eglise en sortie commande de prendre en compte les martyrs de notre temps nous retenons deux : le mystère de l'alliance et les spermes du Verbe.

1- Le mystère de l'alliance.

Dans l'économie biblique, l'alliance dans le Sang de notre Seigneur Jésus est préparée au fil du temps par l'alliance avec Moïse, avec Abraham, l'alliance avec Noé qui concerne toute l'humanité et l'alliance avec Adam qui englobe toute la création. Autre dit, l'Alliance en Jésus rend les fidèles solidaires de l'humanité, celle suffrante en particulier, et de la création. Par conséquent, le sort de l'humanité et de la création ne peut laisser indifférents les chrétiens.

2- Les spermes du Verbe.

Le Prologue de l'Evangile selon Saint Jean atteste que « Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde » (Jn 1,9). Les Pères de l'Église, tel que Saint Justin, ont commenté cette affirmation en suivant que les spermes du Verbe ont été plantés dans différentes traditions et cultures. Nous pouvons en déduire que tout ce qu'il y a de vrai et de juste dans les Martyrs modernes comprend de la valeur pour les chrétiens (cf. LG 16 ; AG 9). Voilà pourquoi, l'Église considère avec un respect profonde et sincère ces Martyrs modernes même si leur expression est différente de celle des martyrs chrétiens (cf. NA 2). De la sorte, les martyrs modernes sont toutes ces personnes qui ont été mises à mort pour avoir refusé d'abandurner leur terre, qui ont payé de leur vie pour défendre la vérité, la justice et la paix. Jésus se rappelle de voir que les dons de Dieu ne peuvent se reposer à quelques privilégiés et s'étendent au-delà du groupe de ses disciples. Tout ce qui se fait de bien, de juste, a une valeur particulière et ne peut pas se faire contre Dieu, peut-être est-il accompli du bien. (cf. Mc9, 38-48). Ainsi, le combat pour la défense des pauvres, des exploités et pour la sauvegarde de la maison commune est un combat avec Dieu, un combat de Dieu, un combat pour le homme créé à la ressemblance de Dieu, un combat pour la création, œuvre de Dieu et ce combat a ses victimes (ses martyrs). Examinons les expressions de ces Martyrs modernes ?

II- Les expressions des martyrs modernes en Afrique.

  1. Les martyrs de la défense des valeurs (morales)

Dans la défense de la vérité, beaucoup de personnes risquent leur vie en Afrique. Il est entre autres des personnes qui défendent les valeurs nobles. Rappelons que Charles Lwanga et ses compagnons, avis proche parce qu'ils ont reçu refus de céder aux pratiques ignobles exigées par le roi. Le martyr de Bakanja et Anuarite est un refus de marchander, au plus profonde leur cœur et de leur comportement, la vérité de la vénérable dignité humaine révélée en Jésus-Christ. Les martyrs ont choisi de glorifier Dieu dans leurs corps par la non-divinisation de ces corps ; ils ont choisi de glorifier Dieu plutôt que de glorifier leurs corps en entrant dans le jeu de la grandeur humaine proposée par ces deux qui, ont le pouvoir politique, économique, culturel ou militaire en ce monde. Les martyrs de la vérité ont refusé de rendre le Royaume de Dieu à une affaire de privilège social, de logement, de titre, de bien-être matériel, de pouvoir. Le contexte de ce martyre est celui de la défense des valeurs chrétiennes en face du pouvoir, donc de la domination ou de l'exploitation des faibles.

  1. Martyrs de l'exploitation minière en Afrique.

Plusieurs personnes autonomes et moyennes à cause de l'exploitation des ressources minières en Afrique. L'extraction et le transport de ces minerais dépossédent et déplacement des familles de leurs terres. Il y a sous la démolition violente des foyers, la contamination des eaux, la pollution de l'air avec notamment des métaux lourds, le rejet de cyanure dans la nature, avec des tombes dommages sur les rendus de l'agriculture, de l'élevage ou de la pêche. Ainsi, la possible croissant macroéconomique que cette exploitation entrîne n-améliore pas dans la plupart des cas le niveau de vie des Communautés concernées. Le revenu par habitant y devient significativement plus faible, alors que seul un petit groupe de personnes est enrichit. Ce n'est pas tout. Mentionnons encore ce qui se passe avec les mines de sang.

Le bilan des victimes de l'exploitation des minerais de sang est très lourd en Afrique. En réalité, l'exploitation des minerais critiques (le lithium, le nickel, le cobalt, etc.) et des minerais de la transition énergétique (le lithium, le nickel, le cobalt, etc.) génèrent des conflits armés dans plusieurs régions africaines. Ces mineurs sont présents dans des batteries des véhicules électriques, des smartphones, des ordinateurs portables, etc. En effet, sous l'impulsion des Multinationales, des groupes armés fermés dans un cercle vivant de la logique financière, saffrontent dans plusieurs régions africaines. La guerre permet le contrôle des différentes mines, en même temps la vente des minerais servi à financer la guerre. Cette exportation aggrave le risque de guerre, parce qu'elle soutient le financement des groupes armés, accroît la corruption de l'administration, nourrit le sentiment sécessionniste des populations qui se sentent abandonnées et rendus vulnérables la population autochtone. Tout ce mécanisme vise à créer un chaos généralisé qui emploie sur le développement de la population directement concernée.

Le cas de la RD Congo, mon pays, est flagrant au vu du paradoxe entre « L'obligation des ressources ne regorge pas le pays et la pauvreté de la population congolaise ». Suite aux conflits suscités par l'exploitation de ces ressources naturelles, les événements congolais ont fait cette déclaration : « Au lieu de contribuer au développement de notre pays et profiter à notre peuple, les mines, le pétrole et la forêt sont devenus des causes de notre malheur. Comment comprendre que nos concitoyens se retrouvent, sans contrepartie ni dédommagements, dépouillés de leurs terres, par le fait des superficies réalisées ou vendues à tel ou tel exploitant minier ou forestier ? » Est-il admissible que des travailleurs congolais soient traités ici et là sans égard pour leurs droits et leur dignité[1] ?

En RD Congo, en espace de 30 ans, la guerre a fait plus de 8 millions de morts et 7 millions de dépôts. Il y a actuellement plus de 100 groupes armés qui sement la terreur. Par conséquent, vivre dans des régions riches en ressources minières fait courir de grands dangers : conflit, expropriation, maladies respiratoires, analphabétisme, etc.

Alors se lèvent dans ces régions, des chrétiens et non chrétiens, des hommes et des femmes, des laïcs et des personnes consultées qui refusent de croiser les bras devant cette tragédie et qui, au risque de leur vie, et au nom des valeurs chrétiennes et humaines, dénoncent ces situations, luttent pour la justice sociale, la paix, la dignité humaine et la sauvegarde de la maison commune. Plusieurs perdent leur vie et la terre continuent à respirer le chant de ces martyrs modernes. Quelles leçons fatiguer ?

III- Perspectives pour la mission matérielle de l'Église en sortie

De nos jours, on compte plus de 28 conflits armés en Afrique. 15 pays africains sont les plus paralysés par ces conflits : Soudan, RDC, Somalie ; Soudan du Sud, Nigéria, Ethiopie, Burkina Faso, RCA, Cameroun, Mozambique, Mali, Erythrée, Tchad, Niger, Burundi. On est arrivé à 40,4 millions le nombre d'Africains déplacés de force. Une grave interpellation pour l'église en marche synodale qui élève la clameur du peuple.

Plus que jamais, nos pays sont devenus le champ de bataille de plusieurs combats où le mot d'ordre ressemble à l'enrichissement à tout prix et à n'importe quel prix, la « maximisation des recettes récoltées à la suite d'autrui, sur tout du travail qu'on exploite. Qu=on ne s=y trompe point : dans cette entreprise, Chrétiens et non Chrétiens tendent à ex ce que saint Paul appelle « une atmosphère hétéroclite » ».

Le martyre de Charles Lwanga et ses compagnons, celui d'Anuarite et Bakanja et d'autres martyrs de l'Afrique sont tous intéressés par la réalité de la violence engendrée par la guerre et la vie du pouvoir et des biens matériels, par la volonté de puissance, qui n'est pas seulement la volonté d'humour, mais sur tout d'abord, par la volonté de joie avec des pratiques contraires à la morale chrétienne.

L'assurance, les conflits généraux par l'exploitation des ressources générées par des règlements qui occasionnent la mort prématurée de plusieurs victimes (cf. LS 48). Cependent, face à toutes ces victimes de l'exploitation de l'Afrique, L'Église fait courage pour exercer sa mission propre en dénonçant les injustices, en encourageant la lutte des fables et en proposant des pistes d'une véritable réconciliation.

L'Eglise ne peut pas se réunir avant cette exploitation illégale des ressources minières qui engendrent la guerre et la violence qui découvrent le tiru social de nos pays et hypothéquent leur avenir. En effet depuis plus d'une décennie nos pays sont devenus le théâtre des conflits et guerres, qui sement destructions, désarroi, larmes, souffles et mort. Devant cette violence devastatrice et méthode comment fêter dans la joie et l'allégresse un si grand anniversaire de 60 ans des martyrs de l'Ouganda, sans réfléchir ensemble sur cette tragédie ? Commenter l'avenir de nos Eglises sans regarder en face ces nombreuses personnes vies déjà suite à des conditions de vie infrahumaines, sans voir ces visas des personnes déplacées défigurées par la fait, sans écouter les cris stridents de ces femmes violentes, sans entrer la clameur de ces enfants travaillant dans les mines et ces jeunes masseuses gratuitement par des seigneurs de guerre souverains par des lobbies internationaux en quête des richesses.

Jusques à quand nos Eglises, nos missions chrétiennes, laisseront-elles sans réponse en termes de pistes de solutions les tombes questions posées par la logique marchande qui décime des populations civiles ? On comprend ici l'interpellation physique et pathétique du Pape François lors de sa visite en RD Congo : Retirer vos mains de la RD Congo ! Le Congo est pas une mine à exploiter !

Il est clair. En invitant tout silence, il s'agit pour nos Eglises de redécouvrir la leçon qui se dégage devant ces drames et tragédies causés par l'exploitation des ressources que des puissantes Multinationales volent aux nations pauvres (cf. LS 95).

Église en sortie agit comme le bon Samaritain. Elle doit être aux côtés des Victimes marginales abandonnées au bord de la route en travaillant patiemment à leur guérison, à leur sortie de la mise (cf. FT 71). Cette mission exige de l'Église en sortie de mettre en œuvre une éducation environnementale et des mécanismes de participation des communautés locales à une gestion responsable du patrimoine environnemental. Mais l'Église fait surtout l'exercice vis-à-vis des décideurs au niveau national qu'international afin de trouver des solutions aux conflits actuels et de préparer ou de poursuivre aux occasions qui peuvent produire de nouveaux conflits (cf. LS 57).

Conclusion

En célébrant les 60 ans des martyrs de l'Ouganda et devant les drames des martyrs d'aujourd'hui, il importe à notre tour de poursuivre le combat de tous ces martyrs en l.actualisant dans nos divers contextes et dans la dynamique de la synodalité qui appelle notre Église à une marche ensemble comme peuple de Dieu et comme grande famille humaine guidée par le Saint Esprit, dans la pratique, la réflexion théorique et la pratique pastorale.

Il nous incombe comme Eglise en sortie, malgré tous ces drames, de continuer à transmettre sans cette le message de Jésus-ressuscité. L. espérance chrétienne est tout autre choix que des essais illustrés. L. espérance chrétienne est habituée par une conviction simple selon laquelle avenir a un visage et un visage désirable, même si l'on en ignore les traits. Elle tient donne donc aussi que la forme sous laquelle se donne le présent n. Quel choix d'autre est possible, qui doit nous mobiliser pour affronter le temps actuel et ses difficultés. Forte de cette espérance chrétienne, l'Église prend sa part dans la transformation de nos sociétés.

Que par la grâce et l'intercession des Martyrs de l'Ouganda, le Seigneur sudienne et console des Communautés pendantes par des conflits. Qu'il inspire aux différents décideurs les chemins du dialogue et de la réconciliation. Qu'il nous engage toutes et tous à apprendre notre contribution pour le développement intégré de tout l'homme et de tout l'homme.

+ Cardinal Fridolin AMBONGO, casquette

Archévêque Métropolitain de Kinshasa, RDC

Président du Symposium des Conférences

Episcopales d-Afrique et Madagascar (SCEAM)

[1] CENCO, « UN VIN NOUVEAU, OUTRES NOUVEAUX » (Mc 2, 22) Ne pas découvrir les attitudes de la nation, Message de la Conférence épiscopale nationale du Congo à l'occasion de la 43ème Assemblée plénière, Kinshasa, Edition du Secrétariat Général de la CENCO, n. 11. L

 

Télécharger, ci-dessous, le texte de la conférence sur le thème « Les martyrs modernes, victimes de l'exploitation des ressources minières en Afrique : Réalisations et perspectives de l'Eglise en sortie », par le Cardinal Fridolin Ambongo le 12 octobre 2024 à Rome.

Conférence Les martyrs modernes Cardinal Fridolin Ambongo

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