Message de la 19ème assemblée plénière du colloque des conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar (Secam)

Gilliam Dodoo · 7 septembre 2022 · 9 min lire

La 19ème Assemblée plénière du SYMPOSIUM DES CONFÉRENCES ÉPICOPALES D'AFRIQUE ET DE MADAGASCAR (SECAM) a eu lieu du 25 juillet au 1er août 2022 à Accra, au Ghana, sur le thème : "Propriété de SECAM : Sécurité et Migration en Afrique et dans les Îles."

A la fin de cette assemblée plénière, ayant écouté les différents orateurs, venus d'Afrique et de divers continents, nous, vos pasteurs, adressons ce message à l'Eglise, Famille de Dieu qui est en Afrique et dans les îles. Nous savons que « le salut embrasse toutes les réalités, qu'elles soient économiques, politiques, socioculturelles, écologiques ou éthiques. Il couvre donc toutes les questions contemporaines..." (document de Kampala n°189). Notre adresse à vous concernera donc spécifiquement la propriété de SECAM, la sécurité, la migration, la communication et la synodalité.

  1. Propriété de SECAM
    SECAM est l'organe de solidarité pastorale de l'Eglise en Afrique et à Madagascar. C'est le corps qui fait que l'Eglise du continent se sente chez elle et contribue à l'Eglise universelle. L'évangélisation, qui est la tâche principale de l'Église, exige que chaque entité ecclésiale puisse, autant que possible, prendre soin de ses besoins. Il est donc urgent que le SECAM, qui est notre organisme continental pour l'exercice de l'évangélisation, s'efforce par un engagement concret de tous ses membres d'être financièrement et matériellement autosuffisants (cf. Afriquee Mumis, n°107). Nous, vos pasteurs, nous engageons désormais à soutenir pleinement la mission de SECAM et vous exhortons à vous identifier avec elle afin de la rendre plus dynamique et plus fonctionnelle dans l'exécution de sa mission d'évangélisation. Nous savons que « le vrai missionnaire est le saint » (Redemptoris Missio, n° 90). Nous, vos pasteurs, renouvelons donc notre engagement à accomplir cette mission que le Christ nous a confiée. Nous vous exhortons également à nous rejoindre alors que nous nous engageons à vivre une vie de sainteté en signe de notre témoignage chrétien.
  2. Insécurité en Afrique et à Madagascar
    Plusieurs régions de notre continent connaissent une grande insécurité en raison de l'instabilité sociopolitique, de la violence, de la pauvreté économique, de la faiblesse des structures sanitaires, de l'insurrection, du terrorisme, de l'exploitation de la religion à des fins politiques et du manque de respect de l'environnement et de la bonne gouvernance. Ces situations sont des causes d'anxiété pour notre peuple. C'est pourquoi nous envoyons un message à toutes les personnes de bonne volonté pour les aider à y mettre fin. Les acteurs sociaux et politiques et les décideurs ont une lourde responsabilité dans la gestion de nos pays. Nous les exhortons à continuer de faire tout leur possible pour lutter contre l ' insécurité pour nos peuples et nos pays. Nous exhortons également les forces étrangères à participer à la consolidation de la paix et de la sécurité sur le continent africain. À la fin de la deuxième Assemblée spéciale pour l'Afrique du Synode des évêques, les évêques ont exhorté les fils et les filles du continent à se lever, à prendre leurs tapis et à marcher (cf. Jn 5, 8). Aujourd ' hui, nous invitons également tous nos peuples à être attentifs aux situations d ' insécurité et à rechercher collectivement des solutions au problème. L'Église doit prendre une part importante à cette recherche. C'est pourquoi l'Église doit jouer son rôle prophétique, en dénonçant fermement et clairement les situations d'insécurité et leurs causes. Elle doit également continuer à offrir à tous des raisons d'espoir et de paix en collaboration avec les organisations œuvrant pour la réconciliation, la justice et la paix (cf. Afrique Munus).
  3. L'Église et les migrants
    La migration est un phénomène social normal lié à l'histoire de l'humanité. Il a une base biblique. Ainsi, selon le livre de Deutéronome, l'offrande des premiers fruits de la moisson au Seigneur s'accompagnait d'une profession solennelle de foi: "Mon Père était un Araméen errant. Il descendit en Égypte, où il habitait en séjour avec le petit nombre de personnes qui l'accompagnaient » (Dt 26, 5). On peut émigrer pour diverses raisons : naturel, économique, politique, intellectuel. L ' article 13 de la Déclaration universelle des droits de l ' homme fait de la migration un droit. C'est pourquoi la migration ne peut être considérée comme illégale mais pourrait être irrégulière. La souffrance des migrants n'est pas liée au fait de la migration en tant que telle, mais la migration peut cependant impliquer des souffrances: abus du statut social des migrants, exploitation, ignorance et «aporophobie» (peur de la pauvreté). Nous exhortons les dirigeants et les décideurs sociopolitiques à mettre en place les structures et les conditions qui découragent les migrations irrégulières : bonne gouvernance, possibilités d'emploi, sécurité multiforme, inclusion politique et sociale, promotion de la justice sociale. Nous exhortons les pays de transit et d'accueil à respecter les droits et la dignité humaine des migrants. À tous les migrants, en particulier les jeunes, qui cherchent à exercer leur droit d'émigrer, nous demandons instamment de le faire d'une manière qui soit acceptable sur le plan administratif et qui soit pleinement consciente des défis qui les attendent. Nous encourageons nos jeunes à ne pas perdre espoir et à s'accrocher à Dieu par une vie de sainteté. Nous exhortons les communautés chrétiennes à développer une pastorale active
  4. La migration est un phénomène social normal lié à l'histoire de l'humanité. Il a une base biblique. Ainsi, selon le livre de Deutéronome, l'offrande des premiers fruits de la moisson au Seigneur s'accompagnait d'une profession solennelle de foi: "Mon Père était un Araméen errant. Il descendit en Égypte, où il habitait en séjour avec le petit nombre de personnes qui l'accompagnaient » (Dt 26, 5). On peut émigrer pour diverses raisons : naturel, économique, politique, intellectuel. L ' article 13 de la Déclaration universelle des droits de l ' homme fait de la migration un droit. C'est pourquoi la migration ne peut être considérée comme illégale mais pourrait être irrégulière. La souffrance des migrants n'est pas liée au fait de la migration en tant que telle, mais la migration peut cependant impliquer des souffrances: abus du statut social des migrants, exploitation, ignorance et «aporophobie» (peur de la pauvreté). Nous exhortons les dirigeants et les décideurs sociopolitiques à mettre en place les structures et les conditions qui découragent les migrations irrégulières : bonne gouvernance, possibilités d'emploi, sécurité multiforme, inclusion politique et sociale, promotion de la justice sociale. Nous exhortons les pays de transit et d'accueil à respecter les droits et la dignité humaine des migrants. À tous les migrants, en particulier les jeunes, qui cherchent à exercer leur droit d'émigrer, nous demandons instamment de le faire d'une manière qui soit acceptable sur le plan administratif et qui soit pleinement consciente des défis qui les attendent. Nous encourageons nos jeunes à ne pas perdre espoir et à s'accrocher à Dieu par une vie de sainteté. Nous exhortons les communautés chrétiennes à développer une pastorale active
    L'Église en synodalité Depuis octobre 2021, le Pape François a appelé l'Eglise à vivre un processus synodal de réflexion sur sa vocation à promouvoir la communion, la participation et la mission. Il nous a invités en tant qu'Eglise à écouter davantage l'Esprit Saint, à nous-mêmes, au peuple de Dieu et même aux non-chrétiens. Il est de notre responsabilité en tant qu'Église missionnaire de proclamer le Christ ad intra etpublicité supplémentaire . Nous renouvelons donc notre engagement à promouvoir le dialogue interreligieux et l'œcuménisme. Ce processus de synodalité a déjà commencé au niveau des communautés chrétiennes de base, des paroisses, des diocèses, des nations et des régions. Nous entrons maintenant dans la phase continentale dont l'assemblée sera célébrée au mois de mars 2023. Nous invitons tous les fidèles à soutenir ce dynamisme et à en faire le leur par la prière et le mode de vie. Conformément aux encycliques Laudato si et Fratelli tutti
  1. Communications sociales
    du Pape François, nous vous exhortons, dans un esprit de synodalité, à écouter le cri des pauvres et le cri de la terre en prenant soin de l'environnement, en luttant contre le changement climatique et en promouvant la justice sociale pour les nécessiteux et les pauvres.
  2. Nous avons été relancés dans cette assemblée par les enseignements de l'Église sur les communications sociales et la bonne volonté de nos partenaires. En tant que famille religieuse de Dieu en Afrique et à Madagascar, nous restons engagés à engager le monde des médias à travers les moyens traditionnels, modernes et sociaux de communication et les nouvelles découvertes de l'ère numérique. Nous intensifierons la formation éthique et technique des professionnels et des praticiens des communications de l'Eglise tout en nous engageant avec les philosophies et idéologies qui sous-tendent les institutions médiatiques contemporaines, la pratique et l'expertise pour les aider à devenir des agents de communion, de réconciliation et de paix.
    À la fin de cette 19ème Assemblée plénière du SECAM, nous continuons à remercier Dieu pour la célébration du Jubilé d'Or de 2019 et pour le Document de Kampala qui constitue également notre feuille de route pour poursuivre notre mission sur le continent africain. Nous remercions le Seigneur de la vie qui nous a aidés à surmonter les difficultés liées à la pandémie de Covid-19 et qui a donné à SECAM l'intelligence et la force de continuer à travailler. Il nous a permis de nous réunir à nouveau pour cette 19ème Assemblée plénière. Nous exprimons notre profonde gratitude au Saint-Père, le Pape François, pour son message d'encouragement à nous et pour avoir initié cette dynamique synodale qui défie tout le peuple de Dieu et relance l'Eglise africaine et universelle, en suivant celui qui est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 4, 6). Nous remercions également le Cardinal Luiz Antonio Tagle, Pro Préfet du Dicastère pour l'Evangélisation des Peuples, au Préfet du Dicastère pour les Communications Sociales, M. Paolo Ruffini, représenté par Mgr Janvier Yameogo, au Secrétaire Général du Secrétariat pour la Synodalité représenté par M. Mauricio Lopez, au Nonce apostolique au Ghana S.Exc. Henryk Jagodzinski. Nous sommes également reconnaissants à tous nos frères et sœurs d'autres continents et en particulier d'Europe, d'Amérique latine et des États-Unis d'Amérique qui nous ont exprimé leur proximité et qui ont été des signes de l'universalité de l'Église. Nous réitérons nos sincères remerciements à l'Eglise catholique du Ghana qui, par ses pasteurs, évêques et prêtres, religieux et religieux, fidèles laïcs,

Que la Bienheureuse Vierge Marie, Reine de l'Afrique et de Madagascar intercède pour nous !

Donné à Accra, le 31 juillet 2022

Mgr Richard Kuuia Baawobr
Cardinal élu
Président du SCEAM

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