Aide au Soudan du Sud Malgré « trop de bureaucratie », le président du SCBC lance un appel à la communauté internationale : entretien Partie 2

Père Don Bosco Onyalla · 20 janvier 2017 · 9 min lire

Aide au Soudan du Sud Malgré « trop de bureaucratie », le président du SCBC lance un appel à la communauté internationale : entretien Partie 2

CANAA || Par le Père Don Bosco Onyalla, Nairobi || 19 janvier 2017

bishop hiiboro to restructure scbc 2017Le nouveau Président de la Conférence des évêques catholiques du Soudan (SCBC), Mgr Barani Eduardo Hiiboro Kusala du diocèse catholique de Tombura-Yambio au Soudan du Sud, a appelé la communauté internationale à venir en aide aux citoyens de son pays malgré « trop de bureaucratie ».

Il a interjeté appel lors d'une entrevue avec la CANAA le lundi 16 janvier. Faisant référence aux pays qui ont accepté d'accueillir ceux qui ont fui le conflit au Soudan du Sud, Mgr Barani a déclaré : « Nous savons qu'il y a trop de bureaucratie, mais qu'ils aident notre pays; qu'ils nous aident comme ils nous ont aidés à obtenir le CPA (Accord de paix global), qu'ils nous aident à résoudre ces problèmes ».

Il a lancé l'appel aux membres de la communauté internationale en disant : « Qu'ils n'attendent pas de venir compter combien de personnes sont mortes, non ! »

On trouvera ci-dessous le texte intégral des 2nd une partie de l'entretien avec Mgr Barani. Une entrevue de la première partie est disponible Ici.

CANAA: Le conflit au Soudan du Sud a duré longtemps maintenant, mettant le monde dans la nouvelle pour la mauvaise raison. Quelle est la situation maintenant?

Mgr Barani: J'appelle la situation comme un conflit à l'arrêt, où nous n'avons pas résolu les problèmes du pays. Ils (les problèmes) sont là devant nous; les gens les regardent et cherchent des façons de faire leur chemin à travers eux, mais les problèmes sont encore là. Nous avons encore des hommes armés dans la brousse. Et ce sont des hommes armés connus. Ces hommes armés contrôlent le pays. La sécurité des gens pour être libres de se déplacer, de faire les choses n'est pas là. Donc, avec ces armes entre les mains de ceux qui les tiennent, ils tiennent le pays en otage, ce qui rend difficile pour le pays de faire ce qu'il doit faire, et les gens qui veulent faire ce qu'il faut, c'est difficile pour eux; quiconque veut entrer dans le pays pour se joindre à nous a peur d'entrer. C'est en quelque sorte couvrir le (tout) pays pour le rendre presque incapable de travailler, parce que économiquement, nous sommes dans une très grande solution. Il n'y a pas assez d'argent pour gérer les services (y compris) les hôpitaux, les écoles et d'autres services; l'aide humanitaire est un gros problème. Il y a beaucoup de gens qui n'ont plus de nourriture, comme d'où je viens, beaucoup de gens qui ont quitté leur propre maison à cause de ce conflit et dans les camps de réfugiés, vous entendez encore de mauvaises histoires. Et il y a une grande méfiance qui est entre les gens, divisions, haine, et une rupture de l'ordre public. Cette situation est donc complexe.

- Oui. Face à cette situation complexe de conflit, que vous décrivez, en particulier la nature prolongée qu'elle semble prendre, où situeriez-vous le rôle de l'Église dans la recherche d'une solution durable?

Mgr Barani: Pour moi en tant qu'ecclésiastique, je vois en cela (que) notre rôle est jusqu'à viable. Nous sommes là avec le peuple, nous restons avec le peuple, nous prions avec le peuple, et nous avons encore l'espoir qu'en dépit de tout cela, si les gens veulent, ils peuvent être convertis à croire en Dieu et dans le fait que le pays du Soudan du Sud est le nôtre, et qu'il nous a été donné par Dieu et c'est nous pour le construire, c'est nous pour le servir, c'est nous fournir la sécurité nécessaire, alors cela arrivera. Et nous prions pour ce miracle que nous nous convertissons à croire que le pays du Soudan du Sud est le nôtre, donné par Dieu, et que nous sommes enfants de Dieu, et nous devons vivre ensemble. Ainsi, cela pourrait nous aider à aller au-delà de l'ethnicité, des gens qui se divisent selon leurs tribus, leurs régions, et cela ne nous mènera nulle part.

C'est pourquoi, en tant qu'Église, nous avons un programme. Nous avons décidé de travailler, de rassembler toutes les Eglises du pays par le biais de notre Concile et maintenant nous allons faire avancer cette question à travers notre Conférence (des évêques catholiques) sur toute cette question d'un (un) forum ouvert. Le président (de la République du Soudan du Sud) a récemment parlé du dialogue national. C'est ce dont nous avons parlé: (un) forum ouvert où les gens devraient raconter leurs histoires, les gens devraient raconter leurs histoires et être en sécurité à la fin de cela; de sorte que lorsque je raconte mon histoire, alors je ne rencontre pas quelqu'un qui va chasser (après) moi sur pourquoi ai-je dit cela? Ce forum ouvert permettra aux gens d'apporter leurs griefs en eux-mêmes, et il doit y avoir des oreilles qui recevront cette information; puis la loi pour protéger et être en mesure de trouver un remède pour cela.

La deuxième chose est la défense. Nous devons continuer à parler de la réalité et de la situation dans la région, en vendant les histoires entre nous, nos pays voisins, qui sont dans la région pour pouvoir écouter et venir à notre aide, ainsi qu'à la communauté internationale. Et cela doit continuer autant que possible à atteindre tous ceux qui peuvent nous aider.

La troisième chose est la réconciliation. Le processus de réconciliation n'est pas rapide. Nous devons y aller lentement. Elle a besoin d'instruments (de réconciliation) pour être là parce que la réconciliation ne vient jamais si les gens ont encore peur, peur, et n'ont pas été en mesure de raconter leurs histoires. Donc, la réconciliation doit être là, et un devoir qui compte sur nous tous: de l'Église et à qui nous devons parler à personne, de la communauté à la communauté, du village au village, du comté au comté, de l'État à l'État, afin que nous nous débarrassions de tous ces problèmes, et si nous les reconnaissons, la guérison finira par venir. Et la guérison suivra ce processus qui nous prend du temps et le résultat de la paix, et alors les gens pourront profiter de leur pays (du Soudan du Sud). Donc, c'est là que nous allons.

Nous insistons pour que le Soudan du Sud, je vous le dis, ait le plus grand nombre de fidèles. Le paradoxe, c'est que tous ces gens vont à l'Église mais que la majorité d'entre eux retournent encore se tuer, se battre, et vous vous demandez : pourquoi ces gens vont-ils à l'Église ? Ainsi, nous prions pour ce miracle que nous nous convertissons vraiment à Dieu et par cette conversion nous pouvons être capables de pardonner et de rester les uns avec les autres.

CANAA: En effet, à travers votre message d'espoir pour le miracle de la vraie conversion à Dieu, vous montrez un esprit d'optimisme pour un avenir meilleur pour le peuple du Soudan du Sud. Quel message avez-vous pour les citoyens du continent africain en tant que dirigeant de l'Église au Soudan du Sud?

Mgr Barani: Mon message est : comme le dit le Saint-Père, la violence ne peut jamais résoudre les problèmes que nous avons ; les armes ne le feraient jamais. C'est notre pays, c'est notre place, les gens doivent dialoguer, les gens doivent se parler et les gens doivent s'écouter. C'est la seule façon de résoudre nos problèmes.

L'autre chose est que ceux qui sont réellement au pouvoir, qui peuvent faire changer les choses, doivent être sérieux, qu'ils portent et mettent en œuvre un programme qui peut sauver des vies et protéger des vies. C'est drôle en Afrique où quelqu'un est tué (et) personne n'agit; personne ne perd le pouvoir ou sa position parce que des êtres humains ont été perdus ou ont été tués. Dans certains pays, (la vie humaine) est une valeur, que je mets la main pour défendre la constitution et la vie du peuple de mon pays. Et si quelqu'un est perdu, si quelqu'un est enlevé, alors tout le pays est dans le besoin.

(For instance), I am here today in Nairobi. If anything happens now that Bishop Eduardo (who was) in Nairobi is lost, we don’t know where he is, do you think my country will be in panic? They may not. It’s just, oh what happened to the bishop, finished; the story will end up there. But if I were a British or any country in Europe, the whole country will be looking for this one single human being. So, my appeal is that let us value life in Africa. In our constitution, it should be enshrined and we have to protect whoever is there as a human being, he needs to be protected.

Finally, I would like to appeal to neighboring countries. We thank Kenya, we thank Uganda, Ethiopia, Sudan, for the support they give to all these people who are running there for refuge. But, we also need their support to heal the wounds in South Sudan. We need their effort to make sure that right things are done in South Sudan. If they are happy to receive refugees, then let them be onlookers to the problems in South Sudan. But I think my appeal should be, we know there is too much bureaucracy, but let them help our country; let them help us as they did help us to get the CPA (Comprehensive Peace Agreement), let them help us to get these problems solved. The communities in Africa, the neighboring countries, let them have an impact on our system, the government in South Sudan and all the structures.

Then the international community, let them not wait to come and count how many people have died, no! I think prevention is better than cure. I would appeal, let the people of South Sudan feel that they have individuals who are there to support them.

And I finally ask all the Christians, all our Catholics to continue to pray for us. Please, pray, and pray for us. I think that will be the best gift because we know God is going to give us the peace we need. And when (we have) a peaceful South Sudan, it will be a peaceful Kenya, a peaceful Uganda, a peaceful Tanzania, Ethiopia, Sudan, and all our neighboring countries. Thank you and God bless you.

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