Les évêques du Sud Global exhortent l'ONU à mettre la justice climatique au cœur de la COP30
Les évêques catholiques représentant l'Afrique, l'Asie, l'Amérique latine et les Caraïbes ont adressé une lettre conjointe aux dirigeants de l'ONU appelant à une action urgente et axée sur la justice sur les changements climatiques avant la COP30.
Signé par le cardinal Fridolin Ambongo Besungu (président, SECAM), le cardinal Jaime Spengler (président, CELAM) et le cardinal Filipe Neri Ferrao (président, FABC), la lettre indique que la crise climatique est "une question existentielle de justice, de dignité et de soins pour notre foyer commun." Les évêques notent que leur appel est inspiré par le pape François. Laudato Si et l'Eglise plus large magistère social, et ils appellent à une profonde conversion écologique entre les nations et les secteurs.
S'adressant au Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, au Président de la 80e Assemblée générale des Nations Unies, Mme Annalena Baerbock, et au Secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), M. Simon Stiell, la lettre décrit la COP30 comme un test décisif pour le leadership mondial. Citant les évaluations scientifiques, les évêques observent que le réchauffement climatique est déjà autour de 1,55°C, avec des impacts disproportionnés sur le Sud mondial et sur les générations futures.
Rejetant les "faux solutions", y compris les approches extractives et les modèles "verts" à financement étroit qui externalisent les coûts pour les pauvres, les évêques préconisent une voie qui place l'équité et la dignité humaine au centre. Parmi leurs principaux appels :
- Justice climatique et financement équitable. Les pays riches devraient reconnaître et traiter leur dette écologique, fournir des financements climatiques fondés sur des subventions qui n'endettent pas les pays en développement et assurer un soutien solide aux pertes et aux dommages.
- Une transition énergétique juste. Mettre fin à l'expansion des combustibles fossiles, accélérer l'accès aux énergies renouvelables, en particulier aux solutions décentralisées pour les pauvres, et adopter des politiques fondées sur les droits qui protègent les travailleurs et les communautés pendant la transition.
- Responsabilité des pollueurs. Mettre en place une fiscalité et une réglementation efficaces pour que les principaux émetteurs assument une part équitable des coûts des impacts climatiques et de l'adaptation.
- Inclusion des plus vulnérables. Les peuples autochtones, les communautés locales, les femmes et les filles, ainsi que les pauvres, doivent avoir un siège à la table de décision et avoir accès à des recours en cas de préjudice.
- Engagements. Respecter l'Accord de Paris en présentant des CDN plus ambitieux, en assurant un financement adéquat pour les mécanismes d'adaptation et de perte et dommages, et en réalisant une déforestation zéro d'ici 2030.
“L'Église ne restera pas silencieuse, écrit les évêques. « Nous continuerons d'élever notre voix, aux côtés de la science, de la société civile et des plus vulnérables, avec vérité, courage et cohérence, jusqu'à ce que justice soit faite. »
Cette intervention fait suite à un précédent message de Global South publié le 1er juillet 2025, « A Call for Climate Justice and the Common Home: Ecological Conversion, Transformation, and Resistance to False Solutions ». Ce texte présente la COP30 comme une occasion cruciale de rétablir la confiance dans le multilatéralisme et d'assurer un avenir durable fondé sur l'écologie intégrale et la dignité humaine.
Charles Ayetan
Ci-dessous, le lien pour télécharger la Lettre épiscopale du Sud mondial (CELAM, FABC, SECAM) à l'occasion de l'Assemblée générale des Nations Unies / "Événement spécial de haut niveau sur l'action climatique du Secrétaire général de l'ONU", 10 septembre 2025:


