SECAM exhorte les dirigeants africains et la communauté internationale à honorer leurs engagements en faveur de la justice climatique
ACCRA (Ghana), le 14 novembre 2024 : La Commission Justice, Paix et Développement du SECAM, en collaboration avec son groupe de travail sur l'environnement et les changements climatiques, est engager les dirigeants africains et la communauté internationale à accorder la priorité aux investissements publics, à améliorer les infrastructures énergétiques et à honorer leurs engagements en matière de justice climatique et de financement. Ces actions sont essentielles pour atteindre les objectifs de triplement des énergies renouvelables et de doublement de l'efficacité énergétique d'ici 2030.
Alors que la COP29 a lieu à Bakou, en Azerbaïdjan, du 11 au 22 novembre 2024, les dirigeants mondiaux sont instamment invités à maintenir l'élan créé à la COP28. Il est crucial d'investir dans des énergies propres et de moderniser les infrastructures pour lutter contre la pauvreté énergétique en Afrique. Cet effort exigera un engagement continu de la part des dirigeants africains et de la communauté internationale.
Combler le fossé qui sépare l'Afrique du défi énergétique pour une croissance et une équité durables
La situation énergétique en Afrique révèle des variations importantes entre les pays, dues à des différences dans les ressources naturelles, les infrastructures et les politiques. Alors que certains pays exportent de l'énergie vers leurs voisins ou vers le marché mondial, d'autres se heurtent à des difficultés en raison de l'insuffisance des infrastructures nationales de production d'électricité. En conséquence, environ 600 millions de personnes en Afrique vivent sans électricité et près d'un milliard n'ont pas accès à des solutions de cuisson propres. Plusieurs pays africains dépendent des combustibles fossiles importés, ce qui les rend vulnérables aux menaces pour la sécurité énergétique, aux fluctuations des prix et aux perturbations de la chaîne d'approvisionnement. Cette dépendance pose non seulement des risques pour l'environnement et la santé, mais souligne également la nécessité urgente de sources d'énergie de remplacement plus propres compte tenu des effets croissants des changements climatiques.
Pour atteindre les objectifs énergétiques et climatiques d'ici 2030, un investissement annuel estimé à plus de 200 milliards de dollars est nécessaire. Toutefois, les infrastructures de réseau dépassées entraînent des pertes d'énergie moyennes de 15 %, ce qui entrave les progrès. Étant donné que 70 % des Africains n'ont pas accès aux énergies renouvelables et aux options de cuisine propre, il est crucial d'accroître les investissements. Pour cela, il faut des financements et des subventions concessionnels pour aider les ménages vulnérables à adopter des solutions énergétiques modernes, ainsi que des capitaux dérisqueurs pour attirer la participation du secteur privé dans les zones mal desservies. L'absence d'énergie fiable perpétue la pauvreté et les inégalités, en particulier dans les zones rurales où beaucoup dépendent des combustibles traditionnels, ce qui entraîne des problèmes de santé et limite les possibilités pour les femmes et les filles. De plus, les pénuries d'électricité affectent les écoles, les établissements de soins de santé et les entreprises locales, ce qui ralentit le développement communautaire.
Recommandations pour la COP29
Pour réussir en Afrique dans le secteur de l'énergie, il est crucial d'entreprendre des actions clés susceptibles de stimuler la croissance et l'innovation. Ces mesures comprennent, sans s'y limiter:
1- Priorité des investissements publics dans les projets d'énergie renouvelable
Sur la base des engagements historiques de la CdP 28, la CdP 29 devrait souligner l'importance du financement public pour les initiatives en matière d'énergies renouvelables. Il est essentiel d'accroître les finances publiques pour élargir l'accès à l'énergie durable et réduire la dépendance à l'égard des combustibles fossiles. Les nations africaines ont besoin de financements et de subventions concessionnels, en particulier pour soutenir les solutions d'énergie renouvelable hors réseau et mini réseau dans les communautés éloignées et mal desservies.
2- Modernisation du réseau de soutien et interconnexions énergétiques régionales
Les réseaux énergétiques dépassés et inefficaces en Afrique limitent l'efficacité des projets renouvelables, avec des pertes d'énergie moyennes de 15 % en raison de l'inefficacité des lignes et de l'insuffisance des infrastructures. La CdP 29 devrait accorder la priorité au soutien international à la modernisation du réseau et aux interconnexions transfrontalières, afin de permettre à l'Afrique d'intégrer davantage d'énergies renouvelables et de veiller à ce que les contraintes en matière d'infrastructure n'entravent pas les progrès.
3- Élargir le financement des initiatives d'accès à l'énergie
Pour parvenir à l'accès universel à l'énergie moderne en Afrique, il faut environ 25 milliards de dollars par an, mais le financement actuel est nettement insuffisant. La CdP 29 devrait plaider en faveur d'un financement accru pour atténuer la pauvreté énergétique, en assurant l'accès à la cuisine et à l'électricité propres pour les 600 millions d'Africains sans électricité et les 1 milliard qui ne disposent pas d'options de cuisine propres. Cela devrait impliquer la mobilisation de subventions et de dettes pour les échanges climatiques.
4- Réduire les subventions pour les combustibles fossiles et réorienter les fonds vers l'énergie propre
Les pays riches devraient montrer l'exemple en éliminant progressivement les subventions aux combustibles fossiles et en réaffectant ces ressources pour soutenir la transition de l'Afrique vers les énergies renouvelables. Il est donc essentiel de réorganiser les finances publiques pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles, renforcer la sécurité énergétique et favoriser le développement durable. Les pays africains peuvent à leur tour utiliser ces fonds réorientés pour investir dans des infrastructures énergétiques propres et des solutions énergétiques communautaires.
5- Élaboration de politiques financières favorisant une transition énergétique juste
La CdP 29 devrait plaider en faveur de la négociation et de l'adoption d'un Traité sur la non-prolifération des combustibles fossiles (TNPF) en tant que cadre complémentaire à l'Accord de Paris. Le PFNPT se concentrera sur la réduction de l'expansion de l'extraction, de la production et de la consommation de combustibles fossiles, en assurant la coopération mondiale pour éliminer les combustibles fossiles tout en aidant les pays vulnérables à passer à une énergie propre.
6- Améliorer la formation et la création d'emplois dans le secteur de l'énergie propre
Avec un âge médian de seulement 20 ans, l'Afrique a une occasion unique de créer des emplois et de développer des compétences dans le secteur de l'énergie propre. La CdP 29 devrait défendre les programmes d'éducation et de formation professionnelle en matière d'énergie renouvelable, d'efficacité énergétique et de gestion du réseau, permettant aux jeunes africains de jouer un rôle significatif dans la transition énergétique du continent.
7- Accroître la transparence et la responsabilisation en matière de financement du climat et de l'énergie
Pour veiller à ce que le financement du climat profite réellement aux pays africains, la CdP 29 devrait mettre en œuvre des mesures de responsabilisation solides et des rapports transparents pour le financement de l'énergie. Cette approche favorisera non seulement la confiance entre l'Afrique et les donateurs internationaux, mais permettra également aux dirigeants africains de suivre les allocations de financement et de confirmer que les ressources parviennent aux communautés les plus démunies. Il convient ici de rappeler la nécessité d'une indemnisation pour les pertes et dommages qui sont les conséquences des changements climatiques et qui ont affecté les conditions de vie des populations pauvres en Afrique. Un appel urgent est adressé aux pays qui ont fait des promesses à cet égard pour honorer leur engagement parce que la situation des pays pauvres, en particulier en Afrique, en dépend.
Père Jean Germain Rajoelison
Secrétaire général adjoint de SECAM
Commission chargée de la justice, de la paix et du développement
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Contact presse: Simson Mwale ; Courriel : jpdcprogram@gmail.com
Téléchargez ce communiqué de presse ici: Communiqué de presse SECAM COP29 nov 2024


