L'Eglise catholique dans le monde entier appelle à une action climatique urgente et à une percée majeure lors de la Conférence de Paris COP 21
Aujourd'hui, les présidents de toutes les associations continentales d'évêques ont lancé un appel pressant aux parties aux négociations et aux chefs d'État en vue d'un nouvel accord international sur le climat qui sera adopté en décembre prochain à la CdP 21 à Paris. L'appel sous-tend l'importance de l'Encyclique Laudato Si par le pape François. Les signataires « se joignent au Saint-Père pour plaider pour une percée majeure à Paris, pour un accord global et transformationnel soutenu par tous ».
L'appel est un appel puissant à travailler à l'approbation d'un accord climatique juste, juridiquement contraignant et véritablement transformationnel qui doit mettre le bien commun en avant des intérêts nationaux et doit protéger notre foyer commun et tous ses habitants. L'accord, selon les signataires, devrait limiter les augmentations de température à l'échelle mondiale afin d'éviter les impacts climatiques catastrophiques, en particulier sur les communautés les plus vulnérables. Sur la base de données scientifiques, les chefs religieux reconnaissent que la dépendance excessive à l'égard des combustibles fossiles est principalement responsable de l'accélération des changements climatiques, et ils appellent non seulement à « réduire drastiquement les émissions de dioxyde de carbone et d'autres gaz toxiques », mais aussi à mettre fin à l'ère des combustibles fossiles.
Présentant une proposition en dix points (voir les 10 points des notes aux rédacteurs), l'appel s'appuie sur l'expérience concrète des gens à travers les continents et relie le changement climatique à l'injustice sociale et à l'exclusion sociale des plus pauvres et des plus vulnérables de nos citoyens. Comme l'affirme le Pape François Laudato Si, le climat est un bien commun, appartenant à tous et destiné à tous, et sa dégradation nous pousse à redéfinir nos notions de croissance et de progrès, en repensant nos modes de vie. L'Église est également témoin de la manière dont le changement climatique affecte les communautés et les personnes vulnérables, et les signataires « appellent donc à ce que la justice sociale soit placée au centre des préoccupations ».
L'appel a été présenté le 26 octobre lors d'une conférence de presse au Saint-Siège. Les signataires de l'appel sont S.E. le cardinal Oswald Gracias – Président de la FABC (Asie), S.E. Peter le cardinal Erdo – Président du CCEE (Europe), S.E. le cardinal Reinhard Marx – Président de la COMECE (Europe), S.E. Ruben le cardinal Salazar Gomez – Président de la CELAM (Amérique latine), Sa Béatitude / Eminence Bechara Boutros le cardinal Rai – Président du CCPO (Conseil des patriarches catholiques d'Orient), Sa Grâce Mgr Gabriel Mbilingi – Président de la SECAM (Afrique), Sa Grâce Mgr John Ribat – Président de la FCBCO (Océanie), Sa Grâce Mgr Joseph Kurtz – Président de l'USCCB (États-Unis) et Son Excellence Mgr David Douglas Crosby, OMI – Président de la CCCB-CECC (Canada).
L'appel a été écrit en collaboration avec nos réseaux catholiques CIDE (alliance internationale des organismes catholiques de développement) et Caritas Internationalis et avec le parrainage du Conseil pontifical pour la justice et la paix.
Le cardinal Gracias, président de la FABC, qui a présidé la conférence de presse, a déclaré : « Nous, présidents des Associations continentales des Conférences épiscopales, appelons les négociateurs de la COP21 à Paris, en décembre, à parvenir à un accord contraignant afin d'éviter les dangers du changement climatique. Il est de notre responsabilité de transmettre, avec une voix claire et confiante, le message de l'Encyclique du Pape François Laudato Si de prendre soin de la terre et des pauvres."
Les dirigeants de l'Église à la conférence de presse ont souligné que le changement climatique est déjà une réalité dans toutes les régions et que les impacts et les risques climatiques sont particulièrement élevés pour les petits États insulaires, les régions côtières et ceux qui travaillent dans l'agriculture, avec des conséquences tragiques pour les communautés pauvres. Les évêques ont souligné que les pays riches, qui produisent et consomment la plus grande partie de l'énergie à base de carbone, ont des responsabilités réelles envers les pays les plus pauvres.
SECAM warmly welcomes the declaration, which reaffirms the Church’s engagement for a fair and transformational climate agreement. “We feel that this document, as well as the Encyclical Laudato Si’, underpin the work many Catholic groups worldwide are doing for climate justice. “Climate change is clearly not only an environmental problem but the result of a failing model of consumerism, fossil fuel exploitation and injustice. A transition towards well-being for all, recognizing nature and the atmosphere as common goods, is required,” said CIDSE Secretary General Bernd Nilles.
Notes to the editors:
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-The full statement can be read here as of Monday 26 October 13:00h: http://www.cidse.org/newsroom/press-release-catholic-church-worldwide-calls-for-urgent-climate-action-and-for-a-major-break-through-at-the-cop-21-paris-conference.html
-Pictures from the press conference, including the signature of the statement, are available here: https://www.flickr.com/photos/cidse/albums/72157657518271633
The Press Conference may be followed via live audio-video streaming on the site: http://player.rv.va/ (Vatican Player of the Vatican Radio), where it will subsequently remain available on demand, or on the CTV YouTube channel: http://youtube.com/vatican which offers only direct streaming during the event.
The 10 points:
- to keep in mind not only the technical but particularly the ethical and moral dimensions of climate change as indicated in Article 3 of the United Nations Framework Convention on Climate Change (UNFCCC).
- to accept that climate and atmosphere are global common goods that are belonging to all and meant for all.
- to adopt a fair, transformational and legally binding global agreement based on our vision of the world that recognises the need to live in harmony with nature, and to guarantee the fulfilment of human rights for all, including those of Indigenous Peoples, women, youth and workers.
- to strongly limit a global temperature increase and to set a goal for complete decarbonisation by mid-century, in order to protect frontline communities suffering from the impacts of climate change, such as those in the Pacific Islands and in coastal regions.
– to ensure that the temperature threshold is enshrined in a legally binding global agreement, with ambitious mitigation commitments and actions from all countries recognising their common but differentiated responsibilities and respective capabilities (CBDRRC), based on equity principles, historical responsibilities, and the right to sustainable development.
– to secure that the emissions reductions of governments are in line with the decarbonisation goal, governments need to undertake periodic reviews of the pledges they make and of the ambition they show. And to be successful these reviews need also to be based on science and equity and shall be mandatory. - to develop new models of development and lifestyles that are climate compatible, address inequality and bring people out of poverty. Central to this is to put an end to the fossil fuel era, phasing out fossil fuel emissions, including emissions from military, aviation and shipping, and providing affordable, reliable and safe renewable energy access for all.
- to ensure people’s access to water and to land for climate resilient and sustainable food systems, which give priority to people driven solutions rather than profits.
- to ensure inclusion and participation of the poorest, most vulnerable and impacted at all levels of the decision-making process.
- to ensure that the 2015 agreement delivers an adaptation approach that adequately responds to the immediate needs of the most vulnerable communities and builds on local alternatives.
- to recognise that adaptation needs are contingent on the success of mitigation measures taken. Those responsible for climate change have responsibilities to assist the most vulnerable in adapting and managing loss and damage and to share the necessary technology and know-how.
- to provide clear roadmaps on how countries will meet the provision of predictable, consistent, and additional finance commitments, ensuring a balanced financing of mitigation actions and adaptation needs.


