CONGRES 2015 DES COMMISSIONS JUSTICE ET PAIX DU SCEAM

« Justice et Paix au service de la réconciliation et du développent intégral de l’Afrique »

MESSAGE FINAL

  1. INTRODUCTION

  1. Nous, Archevêques, Evêques-Présidents des Commissions Régionales et Nationales Justice et Paix, Coordonnateurs et/ou Secrétaires Régionaux et Nationaux des Commissions Justice et Paix, Secrétaire Général de Caritas Africa, Représentants des Groupes d’Experts et de travail du SCEAM, Membres de la Commission Justice, Paix et Développement du SCEAM et Participants au Congrès 2015 de la Commission Justice et Paix du SCEAM sur le thème « Justice et Paix au service de la réconciliation et du développement intégral de l’Afrique » qui s’est tenu à Döbra, dans l’Archidiocèse de Windhoek (Namibie) du 11 au 15 mars 2015, adressons ce message de paix et de réconciliation aux chrétiens catholiques, aux hommes et femmes de bonne volonté, aux gouvernements et acteurs publics de notre continent.

  2. Nous saisissons cette opportunité pour remercier l’Association des Conférences Episcopales d’Afrique Australe (IMBISA), l’Eglise-Famille de Dieu qui est en Namibie, en particulier, l’Archidiocèse de Windhoek pour l’accueil et l’hospitalité dont nous avons été l’objet. Nous exprimons notre gratitude envers les autorités gouvernementales pour la sécurité assurée et pour nous avoir facilité l’entrée et le séjour dans ce beau pays d’Afrique Australe. Nous sommes reconnaissants envers les Partenaires du SCEAM, particulièrement CAFOD, MISEREOR, CARITAS AFRICA dont l’assistance et la solidarité nous ont permis d’organiser nos assises. Nous exprimons notre solidarité et notre communion avec tous les peuples d’Afrique et des autres continents qui traversent des situations de crise et de violence avec leur lot de victimes innocentes et de populations déplacées.

  1. Notre Analyse

  1. Dans notre Continent de plus en plus confronté aux problèmes de violence et d’extrémisme religieux, nous nous sommes interrogés sur la contribution du dialogue inter-religieux dans la consolidation de la paix et dans le rapprochement des peuples et des cultures. Nous sommes convaincus que le dialogue inter-religieux doublé des bonnes pratiques de gouvernance de la part de nos dirigeants africains constitue un véritable moteur pour le développement intégral de nos pays. Face au théâtre de conflits et affrontements souvent meurtriers, l’Eglise-Famille de Dieu qui est en Afrique entend apporter sa contribution conformément à sa mission spécifique d’évangélisation et de promotion humaine. Ses actions prioritaires touchent principalement l’éducation des consciences en vue de susciter un agir responsable pour la recherche de la paix entre les hommes.

  2. Pour renforcer sa visibilité et sa voix dans les cercles de décisions, l’Eglise-Famille de Dieu qui est en Afrique a créé dans certaines régions de notre continent un cadre de concertation et de dialogue avec le monde politique. A travers ce cadre, appelé Bureau de Liaison Parlementaire Catholique, la Commission Justice et Paix entend contribuer au débat de politique publique, faciliter et promouvoir des transitions pacifiques, la démocratie et la bonne gouvernance. Nous invitons nos gouvernants africains d’éviter toute manipulation de la loi fondamentale aux fins de se perpétuer au pouvoir.

  3. A la lumière de l’Enseignement social de l’Eglise, nous nous sommes laissé interpeller par la question sociale que constitue le phénomène de migration. Ensemble, nous avons identifié les inquiétudes et les espoirs que suscite la migration. Pour faire de la jeunesse africaine un agent de réconciliation et de paix, nous avons préconisé une pastorale de l’hospitalité et de l’accueil « J’étais étranger et vous m’avez accueilli… » (cf. Mt 25, 31-40) et une pastorale de concertation et de collaboration en vue d’établir des règles communes en matière de migration. Ayant identifié la recherche d’un mieux être et d’un mieux vivre comme la cause principale de la migration des familles entières en particulier les jeunes du continent, nous interpellons fortement nos gouvernants de travailler à créer sur place les conditions nécessaires pour ce mieux être et ce mieux vivre par une gestion intelligente, responsable, bonne et saine de nos ressources.

  4. Conscients que le mode d’exploitation, de gestion et redistribution des revenus tirés des ressources naturelles est l’une des causes principales des conflits en Afrique, nous avons réfléchi sur la finalité des ressources naturelles, sur notre manière de penser le « vivre ensemble », sur nos formes de redistribution et de partage tant au niveau de chaque pays qu’au niveau planétaire. Fidèles à la Parole de Dieu et à l’Enseignement Social de l’Eglise, nous affirmons que la terre et tout ce qu’il contient sont un don de Dieu fait à toute l’humanité. Ce qui implique une juste répartition des biens mais également une exploitation et une administration transparente et responsable. Prenant en compte l’Agenda post 2015 des Nations Unies, le SCEAM s’est doté d’un document pour le développement durable de l‘Afrique.

  5. Pour répondre à la crise sanitaire de la fièvre à virus Ebola, à la pandémie du VIH SIDA et d’autres maladies telle que la malaria, l’Eglise-Famille de Dieu qui est en Afrique est appelée à intensifier le rôle important qu’elle joue déjà dans la promotion de la cohésion sociale et des politiques nationales de santé pour tous car l’accès à la santé ne doit pas être le privilège de quelques riches mais un droit pour tous. Au nom de notre option préférentielle pour les pauvres et les plus vulnérables, nous affirmons avec force que la vie et la dignité de la personne humaine sont sacrées et inaliénables. La personne humaine étant aussi un être social, notre mission est de bâtir une société humaine qui refuse toute forme d’exclusion ou de discrimination qu’elle soit économique, politique, culturelle ou sociale.

  6. Conscients de notre appartenance à la famille humaine, nous ne pouvons ignorer la question du changement climatique avec ses conséquences dramatiques sur les populations. Sur notre Continent, cela se traduit notamment par une insécurité alimentaire toujours grandissante qui est souvent cause de famine dans beaucoup de nos pays. Dans ce contexte, en tant que membres et promoteurs des Commissions Justice et Paix, nous dénonçons les pratiques d’expropriation de leur terre dont sont victimes les paysans ou agriculteurs. Ces expropriations sont parfois faites avec la complicité des autorités centrales et locales et, même avec l’appui de certaines multinationales.

  1. Nos Résolutions et Recommandations

1. Coopération avec les Gouvernements en faveur de la Réconciliation, de la Justice et de la Paix

Les Commissions Justice et Paix de l’Afrique s’engagent à mettre à la disposition des gouvernements du Continent et des Iles Adjacentes, leur contribution et leur expérience en faveur de la Réconciliation, la Justice et la Paix. En outre, elles appellent à la vigilance tous les fidèles disciples du Christ engagés dans les affaires publiques à savoir tirer courageusement la sonnette d’alarme pour que la Communauté Internationale travaille à une gouvernance mondiale de haute intensité éthique. Ainsi, le SCEAM a décidé la célébration d’une année de réconciliation en Afrique du 29 Juillet 2015 au 29 Juillet 2016. Les Evêques sollicite a cet effet, les Commissions Justice et Paix en Afrique pour soutenir et accompagner cette noble initiative.

2. Création d’une structure continentale de résolution de conflits

Le SCEAM s’engage à créer une structure ou un comité continental de réconciliation en cas de conflits, capable de se déplacer partout où la nécessité de médiation se fera sentir. En vertu du caractère prophétique, sacerdotal et royal de leur baptême, les Commissions Justice et Paix du Continent et des Iles Adjacentes invitent les chrétiens, en premier lieu les pasteurs et agents pastoraux, à sortir d’un silence de peur pour faire résonner la voix prophétique de l’Eglise et manifester la présence messianique de Jésus Christ dans l’aujourd’hui du Peuple de Dieu.

3. Création d’un réseau ecclésial africain sur la gestion de la forêt équatoriale

A l’exemple du Réseau Ecclésial Pan-Amazonien (REPAM), les Commissions Justice et Paix de l’Afrique s’engagent à créer un réseau ecclésial africain regroupant notamment les pays riverains de la forêt équatoriale pour une gestion transparente et responsable de ce patrimoine commun à toute l’humanité.

CONCLUSION

Nous invoquons l’intercession de Notre Dame du Perpétuel Secours, la Vierge Marie, Reine de la Paix et de l’Afrique pour la Réconciliation, la justice et la paix dans notre Continent.

Fait à Döbra, Windhoek, le 15 mars 2015

Mgr. Gabriel Justice ANOKYE, Archevêque de Koumassi, Deuxième Vice Président du SCEAM, Président de la Commission Justice, Paix et Développement du SCEAM

 

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